Les Aigles du Métal de la Mort

Dans la catégorie: Monte le son — kwyxz le 31/08/06 à 1:13

C’est en plein Rock en Seine que Netsabes m’informe que les Eagles of Death Metal seront en concert au Trabendo quelques jours plus tard. Ni une ni deux, nous nous rendons sur le stand de la Fnac fort opportunément situé en plein coeur du site du festival et achetons notre place.
Le jour J, arrivé sur les lieux pile à l’heure indiquée sur le billet, 19h30, je suis rejoint 15 minutes plus tard par mon acolyte et nous pouvons voir au loin le groupe se faire tirer le portrait par un photographe près de son bus. A vue de nez, nous reconnaissons Jesse Hughes, Dave Catching, l’espèce de grand mec baraqué blond avec des lunettes de soleil qui semble être Josh Homme et à coté d’eux un mix improbable entre Slash des Guns’n Roses et The Undertaker, le catcheur des années 90. Nous entrons à l’intérieur de la salle afin de déguster une petite bière désaltérante et Catching prend le micro pour annoncer que leur groupe de potes devant assurrer la première partie est finalement absent. Les Eagles of Death Metal vont donc jouer les DJs en lieu et place de cette première partie. Un programme à priori attirant qui permettra de patienter sans trop s’ennuyer, sauf que. Sauf que les morceaux que nos amis enchaînent (le mot est un poil exagéré, disons qu’ils se contentaient de cliquouiller dans leur iTunes quand ils y pensaient) sont d’une nullité consternante. Déjà, passer du rap pour faire patienter une foule venue voir du hard rock, je me suis demandé à plusieurs reprises s’il ne s’agissait pas d’une blague. Après 1h10 de cette pitoyable plaisanterie, il est 21h, le vrai concert n’a toujours pas commencé et la faim cède sa place à l’énervement.
D’un coup, la musique s’arrète et tout le monde se dit que ça y est, c’est bon, on va pouvoir y aller. C’était sans compter sur le nécessaire passage par les balances. Inutile d’ajouter que nous nous sommes tous demandés pourquoi celles-ci n’auraient pas pu être mises en oeuvre durant la grosse heure d’ennui profond que nous venions de subir. Après 15 minutes, nous nous disons la mort dans l’âme que ça va commencer à 21h30 soit deux heures après l’heure indiquée ce qui est quand même une vache de grosse première partie pour un concert devant 200 personnes.
Les lumières s’éteignent instantanément pour mieux nous faire mentir. Le groupe entre sur la scène, et là, gros doute. Il ressemble quand même pas trop à Josh Homme, le mec derrière les cymbales. Il a presque la carrure, mais la tronche c’est pas ça du tout. Tristesse et consternation, ce n’est pas lui, c’est un autre gars dont j’ai déjà oublié le nom. Fort heureusement, le public n’a pas le temps de se lamenter. Hughes est en pleine forme et ne cesse de répéter qu’ils sont super contents d’être là et que c’est limite le plus beau jour de leur vie. J’imagine qu’il répétera la même chose demain en Espagne, mais ça a le mérite de faire plaisir au public. Le gig commence néammoins et la chaleur monte vite, le public s’emballe, c’est une frénésie qui emporte rapidement tout le monde, ça saute et ça slamme dans le moshpit et aïe putain d’enculé de merde ça fait deux fois que tu me crames le bras avec ta clope de mes couilles t’es trop con pour te douter que tu vas brûler des gens dans un bordel pareil ? Tu mériterais que je te mette le pied dans la gueule en sautant de la scène tiens ah bin pas besoin l’autre grand mec bourré vient de le faire pour moi ah ah ah ah ! On saute, on s’amuse, on rigole, et mis à part 2-3 pénibles qui avaient semble-t’il oublié qu’ils n’étaient pas tous seuls, l’ambiance était quand même salement bonne. Surtout que Hughes continue d’en faire des tonnes, et c’est parti pour une alternance de titres du premier et du deuxième album, ainsi qu’un étonnant cover de Stuck in the middle with you et un peu plus tard un autre de Brown Sugar, le public est conquis, c’est bon, encore, encore, aaaah donne-moi tout grand fou !
Au bout d’1h15 malheureusement le show s’achève et les lumières se rallument, ce fut rock et ce fut bon. Testé et approuvé. Les Aigles du Métal de la Mort, reprends-en c’est de la bonne.

Rock en Seine 2006 (2)

Dans la catégorie: Monte le son — kwyxz le 27/08/06 à 3:54

Suite et fin de nos pérégrinations festivalières, cette journée malheureusement moins ensoleillée que celle de la veille fut passée en compagnie de l’ami Stevesse qui avait daigné nous rejoindre.

  1. Nous démarrons avec Broken Social Scene, et que dire sinon que leur prestation, malheureusement quasiment dans son intégralité sous une pluie battante, ne m’a pas laissé indifférent. C’est un fait, les canadiens me touchent, entre Arcade Fire et Stars l’an dernier voici maintenant un nouveau groupe dont il va me falloir au plus vite découvrir la discographie. Alors oui, ça sonne un peu comme les deux combos sus-cités, mais c’est vraiment agréable à entendre et en prime Feist était là en guest, alors que demander de plus ? Edit: je comprends mieux pourquoi ça ressemble à Stars: « Millan and Cranley are also members of the indie band Broken Social Scene, with whom they currently share a record label, Arts & Crafts ».
  2. Après un passage à la buvette, nous restons en admiration devant Xavier Rudd. Ce type est réellement étonnant. Véritable homme-orchestre, la gueule de surfeur australien aux pieds-nus fait danser une foule passablement rincée par quelques ondées. De ballades aux sonorités proches de Ben Harper (que ce soit pour la voix ou la guitare, d’ailleurs) à des morceaux nettement plus disco et savamment rythmés, le bougre joue sur une gamme bien éclectique et raffraîchissante. Du bonheur en tube pour tes oreilles.
  3. Netsabes et moi-même filons voir Daddy Longlegs: les braves auraient fait bonne impression lors de Paris Plage, et puisque je n’ai pas encore vu un groupe de français, allons voir ce qu’ils donnent, je zappe Phoenix, tant pis. Eh bien c’était fort correct ma foi, un set énervé juste ce qu’il faut avec des textes en anglais plutôt bien écrits. Bref une performance plus que correcte et agréable.
  4. Nous allons nous installer devant la grande scène: la foule se fait de plus en plus dense et si nous voulons avoir une place correcte pour Radiohead il nous faut désormais commencer à camper. Les Dead 60s entrent en scène pour une prestation… chiante. Je me suis vraiment emmerdé. Même leur single “Riot radio”, s’il m’a un peu sorti de ma torpeur, ne m’a pas empêché de me rendormir aussitôt après.
  5. Les premiers riffs de Loser résonnent et mettent en émoi le public. Et puis d’un coup le soufflé retombe… Sur scène, des marionettes miment un groupe et une question est lancée “Mais heu…, c’est la version studio ça non ?” quand soudain au milieu du morceau, Beck et ses musiciens débarquent, et reprennent en live là où la bande s’était arrètée. Et c’est parti pour un show endiablé, avec toujours les marionettes qui miment les mouvements des musiciens. Un court-métrage très drôle les mettant en scène est même diffusé, et le set se termine avec un “Where it’s at” de toute beauté.
  6. Le grand moment est arrivé. Ça y est, 50 000 personnes les attendaient, et ils sont là, Radiohead commence son set et l’atmosphère s’électrise comme par magie. La voix écorchée de Thom Yorke et les riffs énervés des guitares plongent en transe un public déjà conquis d’avance et les morceaux, assénés avec une redoutable précision, font mouche. Du neuf, du vieux, de l’inédit, il y en a pour tous les goûts et la foule en redemande. Elle sera servie avec un rappel magistralement conclu par le mythique “Karma Police”. Radiohead était la star incontestable de ce festival, ils ont avec cette prestation démontré que leur réputation n’est pas usurpée. Chapeau bas, messieurs.

Rock en Seine 2006 se termine donc pour moi sur ce concert de Radiohead d’anthologie. Un bon cru donc, un poil terni par la pluie en début d’après-midi et la programmation des scènes/horaires à mes yeux un peu erratique parfois: les Dead 60s et Patrice sur la grande scène quand DJ Shadow joue sur la plus petite, je ne m’en remettrai jamais je crois ! Mais quoi qu’il en soit, vivement l’année prochaine !

Rock en Seine 2006 (1)

Dans la catégorie: Monte le son — kwyxz le 26/08/06 à 5:23

On remet le couvert pour une nouvelle édition de Rock en Seine. Cette année, je tente la ligne 1 jusqu’à La Défense, et las, un ticket 2 zones ne suffit pas pour prendre le tram, il me faut un ticket “t” pour emprunter un train qui va aller de la zone 3 à la zone 3. Merci la RATP, c’est d’une logique à toute épreuve, un peu comme le métro Nation – La Défense en 2 zones et le RER en 3 zones sur le même trajet.

  1. Arrivé sur le site, je retrouve un premier camarade de jeux en la personne de Sushi, et nous nous dirigeons vers le concert d’India Arie. C’est frais, sympathique et pas trop violent pour se mettre dans le bain, une bonne entrée en matière: le concert se déroule sans que l’on voie le temps passer. Nous nous rendons ensuite à la buvette (le soleil tape un peu, c’est agréable) et c’est complètement par hasard que nous croisons quelques minutes plus tard l’ami Netsabes.
  2. Nada Surf vient de commencer son set sur la grande scène, nous entendons de loin les premières notes de “Popular”, et observons avec amusement un mouvement massif de population dans cette direction, suivi d’un retour massif une fois le morceau terminé. La jouer en 2ème, c’était un peu un suicide scénique, j’avoue n’avoir pas vraiment compris pourquoi ils ont fait ça, pour attirer du monde peut-être ? Pomme et Pwyf viennent d’arriver, Pwyf est deg elle voulait “Popular”, normal, tout le monde voulait celle-là et manifestement tout le monde voulait seulement celle-là.
  3. Enfin bref, nous ne nous attardons de toute façon pas puisque nous nous dirigeons vers Clap your hands say yeah, la “révélation” de ces dernières semaines, blah blah. Comme d’habitude avec les “révélations” qui sont censées révolutionner l’histoire du rock, c’est sympa mais tiédasse, surtout que le chanteur est enroué.
  4. Une fois ce concert terminé, nous filons jeter un oeil aux Dirty Pretty Things. Après la plaisanterie de mauvais goût que furent les Babyshambles l’an dernier, nous craignions le pire, eh bien force est de constater qu’il y avait bien un talent chez les Libertines. Mais que celui-ci était Carl Barât, et non ce sinistre clown demeuré de Pete Doherty. Plutôt une bonne surprise donc.
  5. Richard Ashcroft, absent, laisse sa place à Kasabian. Ces braves, devant un public qui, à la base, ne venait pas pour eux, ont réussi l’exploit de faire chanter des morceaux que personne ou presque ne connaissait. Cette fois-ci nous y sommes, ça bouge, ça saute, ça chauffe enfin, il y a une vraie émulation, Kasabian délivre un boulot impeccable. Chapeau les gars, à bientôt sur la grande scène ?
  6. Après avoir dépensé 5 Euros dans un kebab froid, sans frites (avec frites c’était 6 Euros) et pas bon (note pour demain: préparer un sandwich avant de venir), nous apercevons la fin de TV on the Radio. Mais alors la toute fin. Je trouvais ça assez mou et chiant en album, difficile de dire si en live c’est mieux, Netsabes a l’air d’avoir aimé.
  7. Sushi et moi n’hésitons pas longtemps et décidons de sacrifier The Raconteurs pour pouvoir nous placer convenablement pour le clou de cette journée à mes yeux: le set de DJ Shadow. Oui, au risque d’en étonner quelques un(e)s, ma motivation principale cette année était la présence de ce monsieur, plus encore que celle de Radiohead. Bien évidemment je ne vais pas bouder mon plaisir et j’apprécierai comme il se doit le set que nous fourniront York et ses braves, mais je voulais du scratch, je voulais du hip-hop, et je n’ai pas été déçu. C’est un set de toute beauté qui nous fut offert ce soir, Shadow revisitant ses plus grands titres, Building Steam with a Grain of Salt, Organ Donor, Mashing on the Motorway, parmi d’autres. Tellement bon, mais tellement court. Après 55 minutes de folie, les lumières se rallumèrent et il fut temps de rentrer chez soi, après avoir attendu un tramway près d’une demie-heure.

Si j’avais une seule critique à faire sur cette journée, elle concernerait la programmation. Non pas la liste des groupes invités qui est d’excellente tenue cette année, non, la programmation des artistes par horaire et par scène. Je n’ai, aujourd’hui, pas mis les pieds une seule fois sur la grande scène. Demain, Radiohead oblige, ce sera le contraire. Était-il judicieux de programmer sur la grande scène Nada Surf (qui après tout, n’est connu que pour un seul titre un poil dépassé…) et Patrice (ahem) ? Programmer Morrissey en face de Dj Shadow, n’est-ce pas un poil dommage ? Surtout pour que Shadow ne joue que 55 minutes avant de se barrer, alors qu’il cloturait la soirée sur la plus petite scène du festival…
Le pire étant à venir pour demain ! Radiohead programmé à 21h30 sur la grande scène, le Tokyo Ska Paradise Orchestra à 22h sur la plus petite scène… C’est joué d’avance, seuls ceux qui ont déjà vu Radiohead 17 fois en concert iront voir jouer le malheureux groupe japonais. Et encore, ce n’est pas certain. Jouer en festival devant 10 personnes, c’est un coup à déprimer… Pauvres eux !

Logique, indeed

Dans la catégorie: Humeur,Pol fiction — kwyxz le 12/08/06 à 16:41

H. : Mais comment tu peux lire le Canard Enchaîné ? C’est partial, complètement orienté, pas du tout objectif !
K. : Ah, si tu le dis. Et tu lis quoi comme journaux objectifs et pas orientés ?
H. : Oh, Le Monde, ou Le Figaro.
K. : Ah ouais quand même. Et sinon, tu n’as pas un peu l’impression que Le Monde là, ils roulent à fond pour Sarkozy ?
H. : Ah ça ne me dérange pas vu que moi aussi.

(…)

H. : Les efforts physiques moi je peux pas. Déjà qu’un effort intellectuel ça m’épuise, alors…

Finalement, tout s’explique.

Accident

Dans la catégorie: Écrits — kwyxz le 5/08/06 à 15:23

Tu ouvres les yeux, tu n’entends plus que le crépitement des flammes. Tu as la tête en bas, retenu uniquement par la ceinture de sécurité que, heureux hasard, tu as pour une fois attachée. Tu étais au dernier rang de l’autocar, assis à coté de la fenêtre de gauche. C’est à droite que le véhicule a brusquement versé. Accident ? Attentat ? Tu as eu le temps d’entendre un bruit d’explosion avant de perdre connaissance. Le moteur ? Une bombe ? Tu préfères ne pas penser à tout ça et commencer par sortir d’ici. Un rapide coup d’oeil autour de toi te laisse constater que les quelques survivants ont déjà vidé les lieux. Sur ta droite, une jeune femme, dans la vingtaine, gît sans connaissance. Le sang qui coule le long de ses joues laisse supposer qu’elle n’est déjà plus de ce monde. Au loin, tu entends le son d’une sirène.

Tu prends appui sur le fauteuil devant toi avec tes pieds, afin de donner un peu de mou à la ceinture. Tu pousses de toutes tes forces en te cambrant. Le cliquetis de la boucle est le signal de ta libération. Tu pousses encore plus fort pour ne pas tomber: tu es à près de deux mètres au dessus du sol. Tu te penches vers l’avant et de la main gauche, tu te cramponnes au dossier devant toi. Une fois solidement accroché, tu laisses tes jambes pendre dans le vide, et du pied tu tentes d’atteindre le fauteuil de la rangée opposée. Une fois que tu penses y être, tu te laisses choir et tu te déplaces rapidement vers le marteau brise-glace. Tu mets un coup de poing dans la vitre de protection. Un morceau de verre reste planté dans les chairs de ta main droite, et tu pousses un petit cri. Équipé de ton marteau, tu te redresses et tu gravis les accoudoirs pour remonter vers les fenêtres.

Un premier coup. Un second. Puis trois. Au bout d’une dizaine de coups la vitre montre des signes de faiblesse. Tu utilises le marteau pour créer une ouverture dans le verre feuilleté. Lorsque tu penses pouvoir passer, tu remontes, passe la tête par l’ouverture, et jette un coup d’oeil rapide aux alentours. Pas âme qui vive, en plein centre-ville. Pas d’autre véhicule accidenté. Apparemment, le bus est seul en cause. Tu te dresses sur tes jambes et t’extirpes bon gré mal gré, te blessant au ventre sur la vitre brisée. Tu te dresses en équilibre sur le bus renversé. Un véhicule s’approche. Un tout-terrain, à première vue. La chaleur et la fatigue t’empêchent d’en voir plus. Tu t’approches avec précaution du pneu arrière et tu tentes de descendre sur la terre ferme. Tu prends appui le long de l’essieu et tu te laisses glisser jusqu’au sol.

Le tout-terrain s’arrète à une vingtaine de mètres de toi. Deux soldats en sortent, arme à la main. Ils te crient quelque chose que tu ne comprends pas. Tu essayes de faire comprendre que tu étais dans le bus renversé, et que celui-ci a probablement été la cible d’un attentat. Au vu du trou dans le flanc gauche du véhicule, il s’agit vraisemblablement d’un tir de roquette. Le soldat de droite semble nerveux. Il crie encore quelque chose. L’autre lui parle doucement. Tu n’entends rien. Tu fais un pas dans leur direction. Derrière toi, les flammes viennent d’atteindre le réservoir de l’autobus. L’explosion te projette vers l’avant. Elle fait aussi sursauter le soldat de droite, lequel, le doigt sur la gachette, te loge une balle en plein crâne.

Tu n’as pas encore touché le sol brûlant de cette avenue de Bagdad que du haut de tes 16 ans, tu es déjà mort.