Jeunes Pop pourris

Dans la catégorie: Pol fiction — kwyxz le 30/07/10 à 13:59

« Benjamin Lancar, le président sortant des jeunes populaires, très contesté, est accusé par ses opposants d’avoir organisé des fraudes pour favoriser sa réélection. Dans le détail, on parle de procurations non signées, de vote de militants sans carte d’identité, voire de candidats opposés à Lancar empêchés de se présenter. » – Le Monde, 26.07.2010

Je ne vois pas bien ce que l’on pourrait reprocher à Benjamin Lancar: il a parfaitement compris et assimilé le fonctionnement de l’UMP. Il est donc tout désigné pour diriger les jeunes pop.

La vie peut être cruelle

Dans la catégorie: Monte le son — kwyxz le 23/07/10 à 22:10

Pour célébrer ce beau week-end qui s’annonce fort sympathique, une petite chanson de Giedre, ma préférée, enregistrée lors de la dernière émission de la saison de Laurent Baffie sur Europe 1.

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Elle me donne tellement de bonheur.

The truth is, you suck

Dans la catégorie: Humeur — kwyxz le 21/07/10 à 2:16

De vilaine humeur.

Quand j’étais petit, je lisais les magazines spécialisés sur les jeux vidéo et je rêvais de devenir testeur. Être payé pour jouer toute la journée, voilà qui s’apparentait d’assez près à l’idée que je me faisais d’un métier de rêve. Celui qui me donnerait envie de me lever le matin. Celui que je ne rechignerai jamais à faire puisque bien évidemment, cette vision idyllique de la chose oubliait largement qu’il faut parfois se taper des bonnes grosses daubasses en test. C’est pour cette raison qu’un beau jour de 2007, pour fêter les cinq ans du présent blog, j’ai eu envie de créer Gaming since 198x et d’y inviter quelques compagnons de route, pour aborder le jeu avec nos yeux de vieux briscards, mais aussi réaliser ce rêve de gosse.

À l’époque, il ne me serait jamais venu à l’idée que ce projet, issu de ma passion, puisse me rapporter un centime. D’ailleurs, il ne m’en rapporte toujours pas un puisqu’il est toujours hors de question de mettre une seule publicité sur le site, ni de donner dans le post sponsorisé complaisant. Aussi, lorsque j’ai eu l’immense chance d’être mis en contact avec les community managers s’occupant des événements PlayStation et Xbox, je me suis d’une part étonné qu’il existe de tels avantages pour de simples blogueurs et d’autre part dit qu’il valait mieux en profiter tant que ça durait, parce que vu qu’on risquait de massacrer un jeu généreusement fourni par un éditeur le bonheur allait vite tourner court.

Malheureusement celà m’a aussi amené à découvrir que toute une catégorie de personnes juge légitime qu’on lui offre des goodies, des jeux gratuits, et qu’on l’invite à des soirées. Ces gens sont persuadés que leur blog, probablement la meilleure source d’information depuis l’ORTF, est tellement fantastiquement excellent et indispensable qu’il justifie allègrement tous les cadeaux qui leur sont faits. Ces personnes, capables de chier une brique lorsqu’elles ne reçoivent pas leur exemplaire presse d’un jeu, se comportent comme les derniers des connards durant les soirées puisque, attends mec, je suis blogueur moi, merde. Eh bin non mon pote: t’es une merde. Mais c’est pas parce que tu squattes le buffet que t’es une merde, non ça j’ai envie de dire que t’as raison d’en profiter, c’est parce que tu n’assumes même pas ton appartenance au clan des imposteurs, et que t’es persuadé d’avoir une légitimité alors qu’en fait t’es rien. Au mieux tu poses une crotte de temps en temps sur ton super blog SERIOUS BUSINESS histoire de conserver ton audience de débiles qui trouve ça tellement génial de te voir décrire les trucs qu’on t’offre (ou que tu t’achètes parce que t’es plein de fric), au pire la marque se penche et en ramasse dix comme toi dès que tu n’as plus assez de visites. Alors putain, arrète de te prendre comme ça au sérieux: tu tiens un blog sur les jeux vidéo, bordel de merde, t’es pas Maître Eolas, t’es une fourmi sur le web et tout ce qu’on t’offre, c’est pas un dû, c’est un putain de privilège.

C’est quand même dingue de voir tous ces gens invités à des soirées où le bon sens voudrait qu’ils n’aient rien à y foutre, même pas foutus d’au moins remercier ceux qui les y ont invité. C’est quand même hallucinant de voir toute une population de morts de faim se précipiter au buffet dès l’arrivée d’un truc comestible, vaguement regarder les produits présentés en attendant que la bouffe arrive, puis se tirer sans demander son reste une fois le buffet vidé. J’avais conscience de complètement abuser le système et d’en rajouter quand je parasitais les soirées Gratuit Gratuit ? Pour eux c’est une attitude tout à fait normale. Sans parler des manières de merde, de l’incivisme, et de la prétention généralisée. Je ne parle pas spécifiquement de ce soir, c’est une attitude que j’ai pu observer durant plus d’un an. Toute cette population de branleurs est archi-privilégiée et un bon paquet d’entre eux se prend pour la nouvelle bourgeoisie, c’est à gerber. Eh, bande de merdes, n’oubliez pas qui vous êtes, qui vous n’êtes pas, ni d’où vous venez, parce que quand on voit comment vous vous comportez vous méritez vraiment d’y retourner. Heureusement il subsiste quelques personnes qui sont simplement heureuses d’être là et savent apprécier les générosités qui leur sont octroyées, et j’ai toujours plaisir à croiser ces gens en soirée, mais l’attitude des autres donne vraiment des envies de briques dans la gueule… dealer avec ce genre de personnes tous les jours, c’est pas un boulot si marrant que ça, finalement.

L’apocalypse a un nom

Dans la catégorie: Watching TV — kwyxz le 20/07/10 à 2:22

Ce post fait suite à ma chronique de la série Les filles d’à côté

Si vous avez bien suivi, je vous expliquais qu’à la fin des Filles d’à côté, série fondatrice à laquelle le présent étron fait suite, Marc se tapait Magalie. Lui, plutôt fier de son coup, rentre chez lui en vainqueur, décide de ne pas se laver la verge histoire de conserver l’odeur le plus longtemps possible, et va se piquer un petit roupillon. À son réveil, elle n’est plus là, elle a déménagé sans laisser d’adresse, pour le Venezuela, ou la Patagonie, on ne sait pas trop, en tout cas elle avait un peu honte. Et donc la série devient Les nouvelles filles d’à côté.

Le problème dans cette histoire c’est que Fanny aussi se barre. Alors je ne me souviens plus vraiment des détails, si des azoulayberdalogues trainent dans le coin et veulent nous expliquer pourquoi elle aussi se tire, ça m’intéresse vraiment. On se dit forcément, non, c’est trop con, le seul intérêt de la série, enfin les deux seuls intérêts de la série s’en vont, ils vont forcément la remplacer c’est pas possible autrement.

Fanny sera effectivement remplacée, et Magalie aussi. Malheureusement Claire, que tout le monde espèrait voir disparaître (de préférence de manière violente et brutale) est toujours là.

On a pu avoir beaucoup d’espoir à l’arrivée de Sabine, jolie blonde qui promettait pas mal, mais non, finalement elle était aussi intéressante que mon conseiller fiscal.

Là où l’on sombre carrément dans le glauque c’est quand on a vu les deux autres. Alors déjà premièrement prendre Karen Cheryl pour jouer une trentenaire c’était un peu grillé, je veux dire une publicité ambulante pour le lifting ça ne remplace pas une Fanny aussi facilement, et puis surtout dès que je la voyais je pensais à Hugo Délire, j’appuyais sur les touches de mon téléphone comme un forcené pour qu’elle quitte l’écran et qu’elle disparaisse à tout jamais.

Mais le pire, le cauchemar, fut l’arrivée d’Adeline Blondieau. Je vais faire un petit aparté pour expliquer qui c’est.

Adeline Blondieau est la fille de Christian Blondieau, parolier de Jean-Philippe Smet plus connu dans nos vertes contrées sous le nom de Johnny Hallyday. J’ai élaboré dans mes jeunes années une théorie établissant que si le rock n’avait jamais existé dans notre pays, c’était essentiellement à cause de Johnny Hallyday, et pour ceux qui disent que c’est pas vrai et que le rock existe chez nous je répondrai non bordel, regardez la Grande Bretagne et ensuite regardez la France, le rock n’existe pas ici, c’est un fait indiscutable. Et donc Johnny Hallyday, outre le fait d’avoir généré une quantité astronomique de tshirts d’extrême mauvais goût représentant des loups, ou des aigles, ou des Harley-Davidson, ou des 33 tonnes, ou un aigle sur le capot d’un 33 tonnes ou un loup courant à côté d’une Harley-Davidson, ou les 4 à la fois si t’as pas peur, Johnny Hallyday donc c’est un gros dégueulasse. Parce qu’à la naissance de la petite Adeline il a regardé son pote Christian Blondieau et il lui a dit, alors qu’elle était encore bébé hein, elle venaît de naître et tout, il lui a dit “un jour j’épouserai ta fille”. Et ce gros porc quand elle a eu 19 ans, eh bien il l’a épousée. Voilà, cette meuf son seul fait d’armes c’était de s’être mariée le Jojo, et deux fois en plus, vu qu’au bout de deux ans ils ont divorcé pour se remarier dans la foulée. Et donc chez AB ils se sont dit “tiens, cette nana elle a quelque chose, un talent certain, attends, elle a épousé le seul rocker au monde qui va à Vegas pour jouer devant un parterre de gens qui habitent tous le même pays que lui mais qui ont pris l’avion pour le voir à Vegas, comme si ça changeait quelque chose”. Enfin ça c’était à l’époque où il payait ses impôts en France, avant qu’il se casse en Suisse comme un connard de traître qu’il est.

Donc quand on a “femme de Johnny” sur son CV on est embauchée pour remplacer le vide créé par l’absence de Fanny. Alors qu’on est plate comme une limande et que question jeu d’actrice on est à peine du niveau d’une Camille Raymond ou d’une Hélène Rolles, c’est dire.

Même Madame Bellefeuille quittera le navire en perdition au bout de quelques dizaines d’épisodes. Il ne restera que le pauvre Gérard Vives pour sauver les meubles, toujours dans son rôle de folle insupportable. Autant dire que c’était vraiment une série de merde.

Critique initialement parue sur Sens Critique

La bonnasse, la connasse et la cinglée

Dans la catégorie: Watching TV — kwyxz le 20/07/10 à 1:48

Vous le savez, je n’ai pas l’habitude de noter à la légère, surtout des oeuvres aussi colossales, générationnelles et fondatrices que les sitcoms AB Production. Alors je vous le dis les amis, je suis partagé.

Partagé parce que la série Les filles d’à côté avait tout pour devenir l’une des meilleures séries du Monde. Le pitch de départ est assez simple: c’est l’histoire de deux mecs et de trois filles qui sont voisins.

Le premier des mecs c’est Daniel, américain, photographe, le genre beau gosse crooner sur le retour, j’te chante une chanson de Roch Voisine et tu fais une flaque tac tac tavu keskia, sauf qu’il a le charisme d’un homard enrhumé dans une marmite sur le feu.

Le deuxième des mecs, et le vrai héros de la série, c’est Marc, un bon franchouillard, le genre à raconter des blagues de cul dans les mariages et à se jeter un petit jaune au bistrot avant d’aller faire un PMU, et il a envie de se les attraper les voisines, même s’il a une petite préférence, mais s’il peut se faire n’importe laquelle des trois il dira pas non hein.

La première des nanas c’est Claire, la plus âgée qui se ramène avec son fils (un ado complètement con), débile complète, hystérique, parano, possessive, et dont tout le monde se fout.

La deuxième, c’est Magalie, une brune sans personnalité complètement fade mais dont Marc est, allez savoir pourquoi, éperdument amoureux. Spoiler: à la fin de la série, il se la tape, et morte de honte elle préfère disparaître sans laisser d’adresse. Une belle grosse connasse, c’est moi qui vous le dis.

La dernière, et ma préférée, c’est Fanny. C’est aussi une maman, mais plus le genre MILF. Il faut voir la paire d’arguments qu’elle trimballait, surtout que les costumiers chez AB lui filaient toujours des hauts une taille trop petite. Quel poitrail les aminches, entre ça et Code Lisa mes hormones d’adolescent étaient plus que gâtées.

Évidemment vu que le titre c’est pas “La bonnasse, la connasse et la cinglée” mais “Les filles d’à côté” on se doute que la totalité des épisodes va mettre en scène les manoeuvres de Marc pour essayer de s’en serrer une, pendant que les trois vont essayer de se serrer Daniel. Et ce sera ça tout le temps, tout le temps, tout le temps. Ad vitam ecoeuram. Mais si c’était si simple ce serait moins drôle.

Alors nos amis Jean-Luc Azoulay et Claude Berda se sont dit: on va rajouter une quatrième fille. Et cette fille c’est Gérard Vives, responsable du club de sport de l’immeuble qu’habitent nos cinq protagonistes, Gérard Vives c’est l’homosexualité vue par AB Productions, un truc effeminé au possible, stéréotypé à l’extrême, on ne peut s’empêcher de prendre un peu en pitié l’acteur obligé d’en rajouter des tonnes, et puis finalement les tonnes prennent vie en la personne de Madame Bellefeuille, vibrant plaidoyer du duo Azoulay-Berda en faveur de Slim-Fast, de Club Med Gym et des programmes Weight Watchers. Parce que c’est bien connu, non seulement les grosses sont moches mais en plus elles sont connes comme des pieds et veulent se taper Marc, le balourd, le repoussoir, et si Giant Coocoo avait joué dans cette série elle l’aurait probablement visé lui.

Alors moi je veux bien faire tous les efforts du monde et mettre une bonne note pour les seins de Fanny, vraiment hein, mais non, je ne peux décemment pas mettre plus de la moyenne à ça.

Critique initialement parue sur Sens Critique.

Community, continuity, and such

Dans la catégorie: Humeur,Watching TV — kwyxz le 13/07/10 à 2:06

Ce soir j’ai enfin découvert le fameux épisode 1×23 de Community, intitulé Modern Warfare, qui éveillait ma curiosité pour deux raisons, la première évidente est le titre qui sait parler au joueur en moi, la deuxième est que cet épisode est, de l’avis général, le meilleur de toute la première saison. Lors de ma découverte de la série j’ai déjà observé sur Twitter que la série, si elle me plaisait beaucoup et me faisait rire, souffrait de problèmes de montage qui parfois m’avaient sauté au visage tellement ils étaient évidents et gênaient ma lecture immédiate de certaines scènes.

Cette remarque a beau être parfaitement fondée, on m’a objecté que je n’étais qu’un pisse-froid pinailleur aigri et c’est tout juste si on ne m’a pas reproché d’inventer lesdits problèmes.

Je vais donc démontrer par la présente que même l’épisode considéré comme étant le tout meilleur de cette saison en souffre, histoire d’une fois pour toutes clore le sujet et démontrer que mes détracteurs ne sont qu’une bande de vilains aveugles, ou alors les pires fanboys de mauvaise foi. Promis, après je n’en parlerai plus jamais sans y avoir été invité.

Scène d’introduction de l’épisode, Britta et Jeff entrent dans la salle de travail: ils portent tous les deux des livres à la main.

Britta pose ses bouquins, Jeff garde les siens à la main.

Tiens, au plan suivant les livres de Britta ont disparu ?

Elle n’a pourtant plus rien dans les mains… et le pire c’est que Jeff non plus !

Ah mais, les voilà les fameux bouquins ! Ils sont posés devant Jeff, et sont quasiment collés les uns aux autres.

À moins que… ce n’est pas possible, j’ai dû rêver, ou bien Britta a déplacé sa pile de bouquins à la vitesse de l’éclair pour que désormais cinquante bons centimètres séparent ses bouquins de ceux de Jeff.

J’ai dit cinquante ? Hmm. Non, c’est plutôt dix là, hein ? Moins ?

Ah, quand le doyen entre dans la pièce ils se sont un peu plus éloignés. Probablement une force de répulsion d’origine magnétique. Disons vingt centimètres, à tout casser.

Au temps pour moi, ils ont de nouveau cinquante centimètres d’écart. Je dois voir de travers.

Mais quel âne je fais: ils sont collés.

Ah bin non.

Le tournage de cette séquence d’intro a nécessité trois, voire quatre prises différentes, et un truc aussi simple à gérer que le positionnement des bouquins de Britta et Jeff passe complètement à la trappe. Pourtant certains efforts sont faits: si vous regardez la pendule dans le fond, elle est volontairement arrètée pour toujours montrer la même heure.

Ne vous leurrez pas: ce genre de gag arrive dans la quasi totalité des épisodes, de façon plus ou moins visible, les pires scènes étant celles où les acteurs se téléportent. Vous croyez que j’exagère ? Revoyez le 1×08 à partir de la quatrième minute et suivez le déplacement de Jeff.

Alors non, ce n’est pas dramatique et ça n’en fait pas une mauvaise série pour autant: je n’ai d’ailleurs jamais dit le contraire et j’ai adoré cet épisode 1×23, tout simplement adoré. Il y a juste sur ce plateau un(e) script(e) qui fait très mal son boulot et c’est très dommage tant le reste, qu’il s’agisse de l’écriture ou du jeu des acteurs, est vraiment de très haute tenue. Si vous ne connaissez pas encore Community je vous invite à la regarder, que vous voyiez ou non ces problèmes de continuité vous allez passer un très, très bon moment.

Sorry guys, but the Main Square Festival is in another Castle

Dans la catégorie: Monte le son — kwyxz le 4/07/10 à 14:16

Après une belle soirée et seulement 4 vraies heures de sommeil, réveillé beaucoup trop tôt par l’orage qui fait choir la punition divine sur nos têtes pendant deux bonnes heures, je me dirige vers le métro de Chatillon et en quelques minutes mes Converse sont gorgées d’eau, ça fait schpouic schpouic quand je marche, et je finis par rejoindre Tom à Porte d’Orléans. Là nous attendons Laetitia et Nico qui seront nos pilotes vers Arras, où se déroule comme tous les ans le Main Square Festival auquel j’avais déjà assisté avec plaisir en 2008. Cette année un seul nom a suffi pour me convaincre, ce sera la seule date française de Pearl Jam (ce passage en gras est approuvé par LeReilly), aucune hésitation je suis directement passé par la case billetterie. Une fois de plus c’est quand même horriblement cher pour un festival avec un billet à 59 Euros la journée qui coûte le prix d’un pass 3 jours à Solidays, mais je fais contre mauvaise fortune bon coeur 59 Euros c’est aussi parfois le prix d’un seul concert à Bercy et puis merde, Pearl Jam quoi. Nous arrivons vers 14h sur Arras, le temps de se garer, de récupérer des sandwiches et de se diriger vers le site du concert. L’organisation a décidé cette année de déplacer le festival afin de proposer une deuxième scène, pourquoi pas même si ce qui faisait le cachet assez unique jusqu’ici du Main Square (et qui lui donnait son nom) était quand même son emplacement sur la Grand’Place, un cadre pareil ça ne se voit pas tous les jours.

Main Square 2008, la Grand'Place

Évidemment le cadre en question avait aussi de gros défauts: capacité d’accueil limitée, pavés partout ce qui ne permet pas tellement de se reposer, quasiment aucune zone d’ombre en cas de gros soleil, et possiblement des riverains qui ont fini par dire que c’était bien joli ce boxon pour les jeunes là mais qu’on aime bien dormir aussi des fois. Le nouvel emplacement choisi est la citadelle d’Arras, construite et fortifiée par Vauban au XVIIème Siècle et qui désormais appartient à l’Armée de Terre. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cela se voit: l’entrée en pierre est très belle et impressionnante, il y a un superbe clocher à l’intérieur avec lequel les ingénieurs chargés des lumières joueront en y projetant l’ombre des artistes, mais pour le reste, c’est une caserne. Pour tout dire, on dirait la cour d’une prison tellement c’est triste. C’est tellement dommage parce que le festival y perd en âme pour n’y gagner qu’à moitié en confort: si l’on dispose désormais d’un espace de verdure, la place devant la grande scène semble d’une superficie identique à la Grand’Place et est faite d’un mélange de terre battue et de gros gravier qui démolit les pieds pour peu que l’on n’ait pas une semelle compensée. L'”espace de verdure” est assez relatif puisqu’une fois que tous les festivaliers sont là c’est tout juste si l’on ne se marche pas dessus. Le Main Square doit-il encore se dérouler en plein centre d’Arras dans ces conditions, ne serait-il pas judicieux d’essayer de trouver un cable plus hospitalier pour une telle quantité de public ?

Main Square 2010, la Citadelle

Nous entrons en moins de cinq minutes, comme la dernière fois, excellent point. Comme tous les ans le festival conserve son système de tickets pour les boissons et la bouffe, c’est probablement plus pratique pour les commerçants puisque ça évite d’avoir à rendre la monnaie, pour les festivaliers ça signifie se taper la queue non seulement aux échoppes mais aussi à la vente de tickets et je ne suis pas certain que l’on y gagne réellement, surtout qu’ensuite il faut faire de savants calculs pour ne pas se retrouver avec des tickets sur les bras (quitte à les revendre à d’autres…). Il y avait peu de points d’eau sur le festival et le seul que j’aie trouvé proposait de l’eau non potable: devoir traverser la moitié du site pour se laver les mains après être passé aux toilettes et ne même pas pouvoir remplir une bouteille au passage, c’est pas génial, je me plaignais de l’orga de Solidays la semaine dernière mais finalement on trouve toujours pire. Évidemment à l’époque de la Grand’Place je n’étais pas aussi exigeant étant donné le cadre, mais puisque les orgas ont eu des rêves de grandeur il serait bon que ceux-ci s’accompagnent de services de meilleure qualité, surtout vu le prix des billets…

Je suis malgré tout de bonne humeur: ce soir je vois Pearl Jam et au vu du reste du lineup de la journée il y a moyen de bien s’amuser, en plus il ne pleut plus et parfois on voit même percer le soleil entre deux (gros) nuages. J’écoute d’une oreille distraite Lilly Wood & The Prick et reconnais quelques titres, nous passons nous restaurer (« Mais c’est quoi la fricadelle ? ») et puis direction la scène où Julian Casablancas fait son entrée. Alors il a l’air un peu bourré mais il salue la foule, et puis il commence par Hard to Explain des Strokes et nous sommes à bloc, s’il joue moitié de morceaux des Strokes et moitié de son album à lui ça devrait le faire, manque de bol ensuite il passe sur du full Casablancas solo, et que dire… c’est vraiment pathétique. Les musiciens ne sont pas tellement à blâmer, les morceaux sont d’un bordélique, aucune structure, une grosse cacophonie, et Casablancas qui s’époumonne au milieu de gros sons de synthé affreux. Nous prenons la fuite au bout de quatre titres, rien à dire, Casablancas tout seul ce n’est pas les Strokes. Après avoir bu un coup nous revenons pour Phoenix. Le groupe est en forme, les morceaux s’enchaînent, nous sommes à bloc, c’est vraiment très chouette, grosse ambiance sur scène où le batteur est déchaîné, et dans le public… miséricorde, c’est la même chose qu’en 2008, le public est d’un stoïque… Alors de temps en temps entre les morceaux ça va crier et applaudir mais ça ne se remue pas des caisses… dommage pour un groupe qui avec une belle performance méritait largement mieux que ça. Je prends la fuite parce que je sais qu’ensuite c’est -M- et sa désastreuse prestation de Solidays m’a déjà largement suffi, je préviens quand même les copains que ça risque d’être le même merdier, il démarre une chanson, puis en plein milieu break, gros solo de basse interminable, ou alors il raconte des conneries, ou les deux en même temps, et fait durer le moindre titre 10 minutes. Et ça n’a pas loupé, il a refait exactement la même chose, dans la file d’attente pour attrapper un truc à manger j’entends des gens s’en plaindre, un public étonamment nombreux fuit la grande scène, manifestement il n’y a pas que mes potes et moi que ça gène, que quelqu’un prévienne -M- que sa saison 2010 est catastrophique histoire qu’il arrète les frais, on est vraiment loin de la qualité de ses shows de 2005-2006…

Nico et moi filons pour une interprétation mémorable de Make It Wit Chu des QOTSA sur la scène du stand Guitar Hero, Nico signale en rigolant que c’est un peu vache de lui avoir filé la batterie vu qu’il est chanteur, les animateurs du stand, trop contents de ne pas s’être tapés du Nirvana, du Police ou du Rammstein pour la 57ème fois de la journée, lui proposent de rester pour chanter la suivante, un groupe de petits jeunes monte sur scène et veulent jouer Maiden, Mother & Crone de The Sword, le pauvre Nico qui ne connaît pas le morceau se retrouve obligé d’improviser mais fait le show et c’est bidonnant, pendant que derrière nos trois petits nerdillons font péter le score en Expert. Nous partons sous les applaudissements du public, eh oui, c’est ça le rock. Et là j’entends, sur ma gauche, depuis la “Green Room” un morceau que je reconnais. Je demande “c’est une cover ou bien ?”, autour de moi on s’interroge, “mais si bordel c’est super connu c’est… c’est…”

Je me prends une armoire normande sur la tronche.

J’avais juste complètement zappé que Gomez jouait sur la “petite” scène, celle de l’espace de verdure, pendant la fin du concert de -M-. Alors là je suis aux anges parce que Gomez, ça fait des années que j’avais envie de voir ce qu’ils pouvaient donner sur une scène, pour mémoire Gomez c’est ça, et bordel que c’est bon, ils ont quand même un sacré paquet d’albums au compteur maintenant et il faudrait que je me mette à jour parce que j’en étais resté à In Our Gun moi. Après cette formidable surprise, nous apprenons qu’il n’y a plus de pain et donc plus de sandwiches, merci les gars, ça fait seulement 15 minutes que la queue n’avance plus, ça n’aurait pas été du luxe de prévenir. Nous partons sur un autre stand de bouffe, entre-temps Tom revient tout fier de son tshirt Pearl Jam tout neuf, le salopard il me donne envie, 30 Euros un tshirt c’est juste un putain de prix d’affameurs de merde, mais je ne suis qu’un fanboy et un fanboy ne se refait pas, j’ai honte, vraiment honte, je cède et j’en achète un, merde, c’est Pearl Jam et d’habitude leurs tshirts sont moches, alors pour une fois…

Les premières notes du concert de Ben Harper se font entendre alors que je termine de manger, j’ai perdu un peu tout le monde dans la foule, nous avons rendez-vous devant la régie, je contourne la foule pour passer aux toilettes et récupérer une bouteille d’eau en me débarrassant de mon dernier ticket puis me faufile dans le public jusqu’à la régie, personne, pas grave le concert est très bon et c’est une agréable surprise parce que j’ai complètement déconnecté de Ben Harper depuis des années, et je ne l’ai pas revu en live depuis les Vieilles Charrues en 2001, le groupe qui l’accompagne se donne bien et quand Eddie Vedder débarque sur scène pour une cover d’anthologie de Under Pressure je suis en transe, bordel, je n’en peux plus, filez moi du grunge de Seattle en intraveineuse. Alors que le set de Harper se termine je tente d’avancer un peu histoire d’être bien placé, je tombe sur Laetitia et Nico qui préfèrent reculer un peu pour ne pas être serrés comme des sardines, je vois Tom et Romeù environ 10-15 mètres devant moi mais impossible d’avancer plus loin, la foule est trop compacte, oh il y en aura bien pour tenter de forcer le passage notamment une fille qui, alors que je lui signalerai que tout le monde cherche à avancer, me répondra “c’est pas le problème, moi j’ai des potes devant” et moi connasse tu crois que je veux aller devant pour acheter de la brioche et du beurre ? Je me dis que de toute façon dès que ça commencera un peu à remuer il y aura moyen d’avancer facilement sauf que j’avais oublié un détail majeur.

Pourtant j’en avais déjà eu un aperçu quelques heures plus tôt, et j’y avais déjà eu droit en 2008.

C’est quoi le problème de ce putain de public statique ? Alors que le concert de Pearl Jam vient de démarrer sur les chapeaux de roues et que Got Some retentit, il y a autour de moi une masse de gens qui ne remuent même pas une oreille. Pas de saut, pas de danse, pas de hochement de tête, rien. Ils se font chier ou quoi ? Une fois de plus, chacun apprécie la musique comme il l’entend, mais pour être tranquille chez moi pépère et pas remuer la bite je regarde un DVD d’un live, je ne vais pas à un putain de festival. Je vois sur ma droite un groupe de jeunes qui mettent un peu l’ambiance, j’aimerais bien les rejoindre parce que je me sens un peu seul à sauter au milieu de mon groupe de mollusques, simplement je n’ai pas la place de passer et non, je suis quand même bien élevé contrairement à pas mal de gens en concert, je ne bousculerai pas six personnes même si je les maudis intérieurement d’être aussi stoïques. Sur Given to Fly je saute, je crie, je donne tout ce que j’ai, Vedder dit que c’est cool d’être là parce que pendant des années le site a servi à l’armée et là il est rempli de musique, il remercie les autres groupes présents, et puis Corduroy, merde je suis tellement heureux d’entendre un morceau de Vitalogy qui est probablement mon album préféré, après Porch le groupe quitte la scène, what, 45 minutes de set, c’est quoi cette fausse blague, et yeaaah sur ma droite un chemin se dégage je peux aller rejoindre le groupe de petits jeunes qui ont la patate, retour sur scène accompagnés de Ben Harper pour interpréter un surprenant Red Mosquito et c’est une sorte de deuxième partie de concert à laquelle nous assistons, sur Alive ENFIN, ENFIN le public se fait entendre, enfin surtout la fosse tout devant où ça bouge déjà depuis le début et où ça crowdsurfe (et où je pleure de ne pas être) parce que sur plusieurs mètres devant moi je ne vois toujours personne remuer une oreille, ça m’exaspère à tel point que je hurle (en vain) « Mais vous êtes fatigués ou quoi ? Bougez vous le cul bordel ! » ce qui fait beaucoup rire mes compagnons d’infortune, aussi désespérés que moi devant ce parterre de feignasses, chouette cover de Baba O’Riley des Who et finish évidemment sur Yellow Ledbetter. Et merde, 1h30 c’est court, tellement court, beaucoup trop court. S’il-vous-plaît les gars, revenez en France, et pas en festival, histoire qu’on puisse se taper nos 2h30 réglementaires…

Ensuite retour à la bagnole, un peu compliqué parce qu’on nous oblige à sortir par une autre issue que l’entrée, petit jeu de piste pour retrouver le parking, et Laetitia nous ramènera sains et saufs chez moi tandis que tels deux gros étrons Tom et moi comatons dans la voiture. Encore un samedi bien rempli, check.

Setlist approximative de ce dont je me rappelle pour Pearl Jam: Unthought Known / Got Some / Given to Fly / State of Love and Trust / Corduroy / Even Flow / Just Breathe / nouveau morceau pas fini d’écrire dont je n’ai pas entendu le titre / Elderly Woman Behind the Counter in a Small Town / Porch / Red Mosquito / Jeremy / Black / The Fixer / Alive / Baba O’Riley / Yellow Ledbetter