Abstention par Internet

Dans la catégorie: Geekeries,Pol fiction — kwyxz le 20/05/14 à 8:52

Pour des milliers d’expatriés se déroulent en ce moment les élections consulaires. Le spam se fait donc intensif dans les emails de tous les malheureux ayant eu l’idée saugrenue de s’inscrire au consulat lors de leur installation à l’étranger. Nous avons même eu droit à une missive signée Jean-François Copé, c’est vous dire la chance. Dans un larmoyant appel intitulé “Voter socialiste c’est soutenir un système en échec, s’abstenir c’est abdiquer” ce brave Jeff nous explique que l’avenir de la France c’est l’Europe, une Europe des problèmes qui doit devenir l’Europe des résultats. C’est touchant non ? Ça me tirerait presque une larme si je ne me souvenais pas que pendant cinq ans Sarkozy et ses copains n’ont strictement jamais rien eu à branler de l’Europe, à part pour dire que c’était sa faute s’ils ne pouvaient pas réformer la France autant qu’ils le veulent et sauver le pays. Salope d’Europe !

Difficile donc de se sentir trop concerné par les élections consulaires surtout que personne ne prend trop le temps d’expliquer à quoi ça sert. Un scrutin qui est donc voué à battre des records d’abstention. Mais c’est un nouvel email reçu ce soir qui m’a poussé à y accorder un peu de temps. Le titre du message est une merveille à lui tout seul :

Elections à Los Angeles: LA HONTE


Franchement ça claque, moi un message pareil je suis obligé de l’ouvrir.

Circonscription consulaire de Los Angeles : 1 votant pour 30 inscrits !

Le vote par Internet se termine cette nuit à 3 heures du matin. Pour le moment, la circonscription de Los Angeles est bonne dernière dans le continent Nord-Américain (et, peut-être, dans le monde) avec un taux de participation qui n’est que de 3.1%… Si vous n’avez pas encore voté, il vous reste encore quelques petites heures. Sinon, vous devrez venir voter à l’urne samedi pour éviter de venir grossir la masse des abstentionnistes résignés.

J’aime bien le ton employé, cette petite tentative de faire peur ou bien de faire culpabiliser, du coup je ne me pose pas trop de questions quant à l’orientation politique des auteurs.

Les analystes pensent qu’une participation aussi faible va bénéficier à l’appareil électoral socialiste qui joue un « profil bas » à outrance, pour éviter d’assumer les décisions hostiles du Gouvernement vis-à-vis des Français établis hors de France. A Los Angeles. La liste socialiste ne fait même pas campagne et s’affiche « sans étiquette » en comptant, une fois de plus, sur la loyauté aveugle d’électeurs trahis. Pauvre France.

Oui bon, fin du suspense, ils sont de droite.

Alors je me suis dit tiens rien que pour les faire chier je vais me connecter au site et voter à gauche. Lorsque l’on se connecte au site du scrutin nommé Voter à l’étranger un test de compatibilité se lance afin de vérifier si l’ordinateur sur lequel on tente de faire son devoir citoyen est apte à nous le permettre. Mon PC passe le test sans trop de problème, une applet Java se lance, je rentre mon identifiant et mon mot de passe. Ça fonctionne, je suis connecté, et j’arrive là :

votezaletranger

Bon. Bin je crois que mon vote sera blanc.

Gare ta gueule

Dans la catégorie: Misc — kwyxz le 25/11/13 à 10:13

Ça fait vingt-et-un mois que je me suis installé à Los Angeles. Le temps est passé à une vitesse… avant de partir, j’ai entendu des avis divers et variés sur la ville provenant notamment d’amis ayant effectué un passage dans le coin lors d’un séjour en Californie. Je n’ai pas compté le nombre de fois où on m’a vanté les mérites de San Francisco avant de finir par un commentaire désabusé sur la nullité de Los Angeles, sans parler de sa mocheté, tu te rends pas compte y’a rien à faire et il faut conduire tout le temps, bref.

L’expérience que ces gens ont de Los Angeles, je la compare à celle d’un touriste étranger qui monterait en haut de la Tour Eiffel, dînerait tous les soirs dans un restau autour de la rue de la Huchette et finirait à Disneyland. Effectivement, dans ces conditions, Los Angeles c’est nul, mais comme n’importe quelle ville : quand un patelin a une superficie de 1302 km², difficile de pouvoir doctement affimer que tout est moche nul et qu’il n’y a rien à y faire.

Mais s’il y a bien un truc qui est complètement à chier à Los Angeles, et dont personne ne vous parle jamais, quelque chose qui en plus est vraiment spécifique à la ville elle-même et qu’on ne voit quasiment nulle part ailleurs aux USA, c’est le foutage de gueule généralisé que représente le stationnement.

Parce que oui, conduire dans les embouteillages c’est relou j’en conviens, mais une fois qu’on connaît un peu le coin et qu’on a un GPS pas trop con on évite la plupart des bouchons. Et même si ça peut paraître difficile à croire, conduire dans Los Angeles c’est agréable : les routes sont larges, il y a plein de voies qui facilitent le trafic, certaines règles du code de la route sont vraiment pas connes et optimisent la circulation, les gens conduisent comme des pieds mais sont cool, bref, le problème il ne se situe pas dans la conduite. Il se situe dans le garage.

Si vous regardez Louie, la super série de Louis CK sur FX, vous vous souvenez peut-être de cette scène hilarante dans laquelle il essaie de décrypter un panneau de signalisation new-yorkais proche de l’incompréhensible. Eh bien j’ai le plaisir de vous informer qu’à Los Angeles ces panneaux sont partout. Non contents de donner des horaires de stationnement autorisé ou interdit, ils précisent aussi parfois des jours bien spécifiques, annoncent les jours de nettoyage des rues (il est donc interdit de se garer) et lorsqu’on pense être en règle après avoir rapidement scanné le panneau, on se rend compte que la zone toute entière exige la détention d’un permis de parking réservé aux riverains pour pouvoir abandonner son véhicule ne serait-ce que dix minutes.

Mais décrypter le panneau ne permet pas toujours de s’en sortir : les places de street parking gratuit sont parfois tellement rares qu’il devient nécessaire de s’en remettre à un valet, comprenez un mexicain sous-payé qui, dans le meilleur des cas, va la garer dans un parking payant (vous payez d’entrée le prix du parking, puis vous filez un pourboire au valet pour le payer lui) mais dans le pire des cas va juste faire dix fois le tour du pâté de maisons avec votre voiture pour la garer pour vous dans la rue.

Pas de valet à l’horizon ? Les parkings payants vous tendent les bras… mais la moitié sont gérés à la débrouille. Si la plupart des centres commerciaux fonctionnent au ticket avec distributeur prenant la carte de crédit, c’est loin d’être le cas d’un paquet d’autres lieux. Quand vous venez de lacher $80 dans une place de concert, vous êtes ravi de débarquer devant la salle et de découvrir que le parking “officiel” du site ne prend que du cash, et vous facture $25, pépouze. Il faut dire que la friche en face gérée par des latinos a augmenté ses tarifs, passant de $20 pré-affluence à un superbe $40. Parfois il suffit de conduire deux pâtés de maison plus loin pour trouver du street parking… mais parfois non. Autant dire qu’avant de se rendre où que ce soit, il vaut mieux avoir du liquide sur soi.

Terminons avec ces malheureux qui, par souci d’économie, décident de ne pas prendre de place de parking avec leur appartement… en fonction du quartier, ils gagnent donc le droit de tourner en rond à la recherche d’une place pendant de longues minutes, quand ce n’est pas des heures pour finir par se garer à vingt minutes à pied. Et devoir se relever à l’aube histoire de déplacer la voiture en cas de nettoyage de la rue le lendemain matin… parce que la police ne déconne pas : fréquemment les flics font le pied de grue devant les parcmètres et à la première seconde de dépassement, crac, amende. Et dans le pire des cas, la dépanneuse arrive très vite pour vous envoyer à la fourrière, et là ça peut monter vite très cher. Mais là, c’est pareil à Paris, pour une fois.

Conkwyxz

Dans la catégorie: Geekeries — kwyxz le 11/10/13 à 20:49

Je pensais être trop vieux pour ces conneries, mais après avoir passé cinq heures dessus la nuit dernière je me dis autant en faire profiter le monde. Voici donc ma conf perso pour Conky qui intéressera peut-être certains Linuxiens / BSDistes des alentours (quoique pour ces derniers, la présence d’un logo Debian dans le design risque de réveiller leurs allergies).

Voilà à quoi ça ressemble (cliquez pour agrandir) :

conkwyxz

C’est un fork de Conky LUA auquel j’ai juste ajouté une fonctionnalité d’affichage du morceau de musique en train de se jouer, soit via MPD soit via Spotify, et en téléchargeant la jaquette de l’album. C’est encore buggé mais ça marche bien 90% du temps (tant qu’il n’y a pas trop de caractères ésotériques dans le nom de votre album en fait, c’est le principal problème à régler). Avec MPD ça affiche même une jolie barre de progression.

Lisez bien le README et normalement y’a pas de souci. Sinon les commentaires sont là pour ça.

Téléchargeable sur GitHub.

Hipsterfest 2013

Dans la catégorie: Monte le son — kwyxz le 26/08/13 à 22:00

Ce week-end, je n’étais pas à Rock en Seine. Mais comme j’avais pour tradition de faire un compte-rendu annuel (et que ça fait bien plusieurs mois que ce blog est laissé à l’abandon, la faute à Twitter / Facebook / GS198X / rayez la mention inutile) et que ce week-end je me suis quand même fait un festoche, je me dis que faire un compte-rendu d’un festival auquel aucun de mes lecteurs n’était pourrait être rigolo.

Ce week-end donc, j’étais au FYF Fest, ou Fuck Yeah Fest Fest, ce qui est une tautologie assez intéressante. Originellement lancé voici dix ans comme un festival punk organisé avec trois dollars six cents à l’Echo, dans le quartier de Silver Lake, le FYF s’est petit à petit professionnalisé jusqu’à devenir le rendez-vous incontournable de tous les barbus porteurs de chemise à carreaux et jeans trop serrés de la région. Il faut dire que la programmation est passée progressivement d’un punk rock / bières / iroquois / bracelets à clous à un indie rock / électro / moustache improbable / fixie que ne renierait pas la population du Motel et les Hipsters Belin en particulier, big up à tout mon crew, yo.

Le samedi donc, sous un soleil de plomb, nous garons la voiture à Chinatown dans l’un des innombrables parkings improvisés ayant fleuri autour du site du festival, non sans nous faire soutirer $25 au passage. On a beau avoir l’habitude de se faire racketter à chaque sortie / concert ça fait toujours un peu mal : le prix du parking n’est jamais inclus dans celui de la place, ce dernier n’incluant jamais divers frais et autres taxes diverses et se voyant doubler entre le moment où on clique sur “acheter” et celui où on passe à la caisse. Les files d’attente sont bien gérées et le tout avance vite, on entre donc très rapidement sur le site après une fouille succinte. Première étape, la tente ID Check qui nous permettra d’obtenir le graal, à savoir le sacro-saint bracelet “21 or over” nous autorisant à acheter de l’alcool. Oui, on ne déconne toujours pas avec ça aux USA. Pire encore, les bars autorisés à vendre de l’alcool sont parqués derrière des barrières façon Rosa Bonheur, et il faut montrer patte blanche (enfin, le bracelet) à des membres du staff pour pouvoir y accéder, sans ensuite pouvoir trimbaler le verre de bière hors de l’enclos. Impossible de se savourer une mousse devant une scène, il faut le faire à l’emplacement prévu pour, et uniquement là. Ah on a fait du chemin depuis le punk, y’a pas à dire. C’est donc après m’être enfilé deux pintes de Stella Artois que je prends la direction de la grande scène, accompagné de mes deux complices, pour le premier concert de la journée : The Breeders.

Alors que les roadies mettent en place le matos et commenc… OH PUTAIN MAIS C’EST KIM DEAL LÀ SUR SCÈNE HEY COUCOU KIM COUCOU ELLE M’A FAIT COUCOU REGARDEZ donc en fait les Breeders font eux-mêmes leur mise en place et leur soundcheck, parce que fuck yeah that’s why. Le public est assez hétéroclite mais quand même majoritairement composé de trentenaires, on notera d’ailleurs sur toute la durée du festival une proportion impressionnante de très beaux messieurs et de très jolies filles, ami(e) célibataire si tu es de passage sur Los Angeles et que tu ne sais pas où pécho tente les festivals de hipsters la population envoie du lourd. Le concert commence avec un petit morceau introductif puis Kim Deal annonce “on nous a demandé de jouer tout Last Splash, donc c’est parti” et déroule, les morceaux s’enchaînent dans l’ordre donc Cannonball est le deuxième titre joué, la foule se déchaine mais on est loin des pogos furieux observables dans certains autres concerts / festivals, l’ambiance est très bon enfant. Alors que Kim Deal place une vanne “donc là c’était la dernière de la face A” les plus jeunes ont soudain l’air stupéfait et demandent autour d’eux “euh c’est quoi la face A” et nous rions de bon cœur. Le set est carré et agréable, le groupe est visiblement content d’être là, comme nous en fait, les sœurs Deal ont l’air d’avoir vingt piges et de prendre énormément de plaisir. Une chouette entrée en matière donc, je n’en demandais pas tant.

Nous filons voir ce beau gosse de Devendra Banhart qui a déjà commencé son set, et tandis que la nuit tombe la température ambiante ne fait que monter alors que le public danse à n’en plus pouvoir. Nous remarquons qu’à l’horizon les lumières des buildings de Downtown donnent au décor un côté un peu surréaliste, comme si l’on pouvait voir les tours de la Défense illuminées de néons aux couleurs éclatantes depuis le parc de Saint-Cloud. Dommage pour Deerhunter qui jouait exactement en même temps (les aléas des festivals et leurs choix déchirants), mais nous décidons de ne pas trop bouger histoire de garder une bonne place pour le set de Dan Deacon. Celui-ci commencera un peu en retard en raison, apparemment, de problèmes techniques, mais l’ambiance est cool et le DJ joue avec le public, nous demandant de nous accroupir, de mettre la main gauche sur la tête de la personne la plus proche de nous, de nous séparer en deux groupes et de suivre les mouvements de interpretive dance effectués par notre chef d’équipe désigné, et là catastrophe, nouveau problème technique et grosse coupure, puis c’est réglé mais Deacon annonce un brin dépité que le prochain morceau sera le dernier… son set dejà bien court de 45 minutes n’en aura duré qu’environ 25, à mon grand dam.

Direction TV on the Radio le temps d’avaler une pizza dégoulinante de graisse absolument immonde, pour un show carré sans grande surprise, le public répond présent mais la fatigue commence déjà un peu à faire son effet, et puis à ma grande déception pas de “Halfway Home” même si terminer par “Staring at the Sun” c’est toujours l’assurance d’un final réussi. Enfin, le clou final de la journée arrive sur scène, une Karen O blonde platine débarque accompagnée de ses Yeah Yeah Yeahs et électrise la foule, un ballon géant représentant un œil est propulsé dans le public, et c’est entre autres avec l’énorme Maps que la chanteuse dédicacera à tous les groupes présents ainsi qu’au public que ce set survolté s’achève.

Le lendemain, rusés, nous nous garons un peu plus loin gratuitement et franchissons une nouvelle fois assez rapidement les files d’attente de l’entrée. C’est parti pour Poolside, vraiment sympatoche même si malheureusement en raison d’embouteillages sévères lors de l’arrivée Downtown nous en avons loupé la majorité du concert. En attendant Glasser nouveau passage à l’ID Check vu que les bracelets ont changé de couleur, et direction le bar parce qu’il fait encore plus chaud qu’hier, donc encore plus soif. Le set de Glasser est vraiment chouette et situé sous un chapiteau lequel est illuminé par un enchevêtrement de boules à facettes, malheureusement le son sous ce chapiteau est loin, très loin d’être du niveau des autres scènes et c’est fort dommage tant le groupe aurait mérité un meilleur emplacement. Toutefois nous nous laissons entraîner par les compos de Cameron Mesirow avec grand plaisir, avant de filer voir !!!. Ces derniers jouaient deux jours plus tôt à Rock en Seine, je ne m’attendais donc pas à ce qu’ils aient une patate d’enfer, mais Nic Offer se démène comme un beau diable, sautant partout sur scène en calbutte, faisant le show et allant jusqu’à prendre un bain de foule en plein milieu de morceau. Là où le bât blesse, c’est que le sound check potentiellement fait un peu à la va-vite a donné beaucoup, beaucoup trop d’importance aux basses, déjà omniprésentes chez !!!, mais ici au point de totalement étouffer la batterie et de rendre les autres instruments inaudibles. C’est bien simple, lors d’un solo de guitare on n’entendait tout simplement rien d’autre que les graves du synthé et la basse, ce qui donnait au concert une sonorité bien trop plate et ennuyeuse. Bref, c’est ironiquement tout le public qui semblait atteint de jetlag et manquait s’endormir.

Ce qui évidemment n’allait pas s’arranger (ou tout du moins le pensions-nous) puisque nous allions enchaîner Beach House et Washed Out, deux groupes connus pour leurs compos plus proches de l’électro planante que du punk qui tache. Agréable surprise donc, puisque les deux sets fort enjoués avaient suffisamment de patate pour faire danser tout le monde et illuminer la nuit qui commençait doucement à tomber, afin de se mettre en jambes pour ce qui sera pour nous le clou final, MGMT. Là encore, c’est enjoué et surtout bien carré : on sent qu’ils commencent à avoir de la bouteille les braves de Brooklyn, et ils n’ont aucune difficulté à entraîner avec eux un public conquis d’avance. C’est fourbus que nous décidons d’en rester là, même si j’avoue regretter de ne plus tenir suffisamment pour assister au set de My Bloody Valentine, une autre fois peut-être, mais on vieillit et on n’a plus la même endurance que durant nos jeunes années. Quoi qu’il en soit, cette dixième édition de Hipsterfest m’a convaincu, et si nous rigolons en voyant la centaine de Fixies accrochés au grillage en repartant, il est loin d’être exclu que j’y retourne l’an prochain si j’en ai l’occasion.

Juré à la Nouvelle Star

Dans la catégorie: Geekeries — kwyxz le 3/04/13 à 1:17

C’est un blast from the past assez dingue : j’avais, avec de joyeux acolytes d’ONQ comme le fantastibuleux Trem_r, passé pas mal de temps voici quelques années sur PopMundo, un RPG en ligne permettant d’incarner une star de la musique. Nous avions monté un groupe, enregistré des disques, tourné dans le monde entier ! Et puis finalement la lassitude gagnant, nous avions arrêté de jouer et nos personnages se sont retrouvés au cimetière. Jusqu’à ce matin, et la réception d’un email me proposant de ressusciter mon personnage, Lucien. Lucien a maintenant 58 ans, pas trop la forme, mais après tout un peu de coke devrait le ramener au niveau d’un Jagger ou d’un Richards. Ce qui m’a poussé à me reconnecter, c’est surtout le souvenir qu’à l’époque, pour rire, on avait quand même poussé le roleplay jusqu’à écrire des paroles pour nos chansons. Et voici, pour toi public, notre plus grand tube.

Le matin quand s’allume la radio
Je glande au lit, j’veux pas m’lever
J’suis même pas encore réveillé
Pourtant il faut que j’aille au boulot
J’ai beau travailler ma guitare
Satriani est encore loin
Et bosser plus pour gagner moins
C’est pas ce que j’voulais faire plus tard

J’aimerais être un grand du rock
Du genre qui remplit tous les stades
En attendant j’chante dans un rade
Où les clients m’jettent leurs sous-bocks
J’fais des reprises, Clapton, Dylan
J’essaie d’limiter les dégats
Un jour un mec m’a dit, mon gars
T’es encore plus nul que Lalanne

Moi j’me suis même pas démonté
J’lui ai fait bouffer ses bretelles
J’l’ai balancé dans une poubelle
Sûr qu’il viendra pas m’refaire chier
J’chante en anglais aussi des fois
J’aime bien ça donne un style rocker
Mais connaître les chansons par coeur
C’est dur à cause du pastaga

C’est un métier, d’être un chanteur
Faut pas croire que ça vienne tout seul
Souvent on se ramasse la gueule
Sur le trottoir sur le coup de 5 heures
Mais le jour où j’veux plus rien faire
Où j’pourrai me gaver peinard
J’irai pointer à la Nouvelle Star
Coke putes alcool ça sera pépère

J’mettrai des sales notes aux marmots
J’leur donnerai des conseils bidons
Ils passeront un peu pour des cons
De prendre des leçons d’un poivrot
Tout ça parce qu’un jour par bonheur
Alors que j’m’étais mis minable
Je m’serais retrouvé à la table
D’un mec connu, un producteur

Il m’dirait mon gars, t’inquiète pas
J’vais faire de toi une sommité
T’auras même plus besoin d’chanter
Tu seras célèbre comme Dalida
On verra ta trombine partout
Dans les magazines, les journaux
Et vu qu’tu chantes presque pas faux
Tu vas me rapporter des sous

Mais faut être un peu réaliste
Je ne suis qu’un chanteur raté
Le mec finira par me lacher
On me dira de quitter la piste
Alors j’irai à la télé
Comme tous ces mauvais artistes
Et là ça ne sera pas triste
A la Nouvelle Star, j’serai juré

Encule ton ONQJuré à la Nouvelle Star
Paroles et Musique – Lucien Honorin

Grand morrichon

Dans la catégorie: J'aime lire — kwyxz le 16/01/13 à 9:37

Il m’aura fallu un peu de temps mais je pense avoir mis le doigt sur ce qui me dérange dans l’écriture de Grant Morrison. Après avoir lu quantité de chapitres de son run sur Batman, je me suis récemment collé sur ses New X-Men, lesquels datent de 2001.

Après avoir lu quantité de comics Marvel durant mon enfance et mon adolescence, j’ai plus ou moins laissé tomber pendant des années à partir de 1996 environ, trop occupé par la découverte des mangas. Et puis, progressivement, je me suis avant tout repenché sur les graphic novels avant de replonger dans mon amour de toujours, Batman. Grant Morrison était alors aux manettes de la série principale – c’est désormais Scott Snyder qui s’y colle tandis que Morrison termine son Batman Inc, miraculé du reboot général des New 52. Et alors que je découvrais avec plaisir les aventures les plus récentes du chevalier noir, quelque chose me troublait. Me perturbait. J’avais souvent l’impression de passer à côté de l’histoire. Ou tout du moins de détails de l’histoire qui lui donneraient un vrai caractère épique.

C’est ici que je vais spoiler assez grassement Batman – de Final Crisis à aujourd’hui et les New X-Men.

Je n’ai pas aimé Final Crisis. Essentiellement parce qu’hormis Batman et les personnages de son univers (Nightwing, Catwoman…), je n’ai absolument aucune affection pour les autres personnages de DC. Allez, Green Arrow à la limite. Mais je n’aime pas Superman. Encore moins Green Lantern. Ne parlons même pas de Flash. La Justice League ne m’inspire qu’un vague sentiment de pitié. C’est très personnel, mais c’est comme ça. Je n’aime pas plus le Captain America originel ou Thor chez Marvel, par exemple. J’ai toujours eu un problème avec les héros trop lisses, trop parfaits – ma réconciliation avec Cap depuis Civil War en est un bon exemple. J’aime les héros torturés, les anti-héros, les héros fragiles. Quand j’étais gamin, j’adorais Longshot : un extra-terrestre humanoïde qui débarque un peu par hasard chez les X-Men, à qui il arrive toujours des galères incroyables, et qui s’en sort miraculeusement parce que son seul et unique pouvoir c’est d’avoir du bol façon Gontran Bonheur. Sauf qu’il s’en prend toujours plein la gueule.

Dans Final Crisis, Batman meurt. Ou plus précisément, Bruce Wayne. Il est la victime de Darkseid, un méchant très important de l’univers DC, et toute l’histoire tourne autour de l’arrivée de ce méchant sur terre dans le corps d’un humain. S’ensuit une histoire d’armée de super vilains, d’un petit groupe de conspirateurs, de Superman qui visite des dimensions parallèles pour recruter une armée de Supermen. Il s’agit bien entendu d’un crossover ayant eu une importance assez considérable dans l’univers DC mais un volume relié est sorti traitant de l’événement principal et, à la toute fin, en trois pages, Batman meurt alors qu’on ne l’a quasiment pas vu de tout le volume relié. J’ai tiqué d’autant plus que tout le délire à base d’univers parallèles c’était pas trop ma came et puis je me suis dit que je ne connaissais pas assez bien toute la trame, tout le background, que c’est pour ça que je n’avais rien piné, je ne suis pas allé chercher plus loin.

Dans The Return of Bruce Wayne, on apprend que Bruce Wayne n’est en fait pas mort, surprise sur prise. Il voyage à travers les époques parce que Darkseid a besoin de l’énergie créée par ses déplacements, appellée “énergie Omega”, dont les conséquences seraient désastreuses si Wayne revient dans le présent. Pourquoi ? On ne sait pas trop. C’est un peu fumeux. C’est pas bien expliqué. À ce stade j’ai commencé à me demander si le problème venait vraiment de moi ou de Morrison qui a trop de trucs à raconter et pas assez de pages pour le faire.

Batman Incorporated fut le coup de grâce. Tout le volume relié se laisse lire avec plaisir, quand soudain, lors de l’ultime chapitre, les événements s’emballent et l’action devient absolument imbitable. Personnages qui semblent se téléporter, comportements aberrants, c’est le festival de l’ellipse et à ce niveau d’incompréhension, on finit juste par rendre les armes. On se dit qu’on est trop con pour comprendre et que si le mec est autant loué à droite et à gauche, c’est que le problème ne vient pas de lui. C’est d’autant plus dommage que j’adore certains autres de ses bouquins, son Batman & Robin avec le tandem Dick Grayson / Damian Wayne est formidable, j’aime beaucoup Batman R.I.P. et s’il n’y avait ce final nawakesque, le voyage de Bruce Wayne à travers les époques m’avait vraiment plu.

Et puis grace à Kamui je découvris (avec grand retard) New X-Men. La série qui m’a fait comprendre que le problème ne venait, finalement, peut-être pas de moi. C’est d’autant plus triste que j’adore les dessins de Franck Quitely (déjà).

Cette série est présentée comme un nouveau départ pour les X-Men. Une équipe réduite (Jean Grey, Cyclops, Wolverine, Beast et le Professor X), un pitch semblant simple : Xavier a mis au point Cerebra, une évolution de son système de détection des nouveaux mutants. Il envoie Wolverine et Cyclops récupérer ceux-ci, mais les X-Men tombent à leur grande surprise sur des Sentinelles. Celles-ci sont manipulées par Cassandra Nova, un nouveau super-vilain qui va envoyer ses Sentinelles nouvelle formule sur Genosha, le havre de paix où pouvait enfin vivre tranquillement la population mutante. En trois pages, Genosha est détruite et seize millions de mutants sont tués. Seize. Millions. En. Trois. Misérables. Pages.

Alors c’est peut-être moi. Mais j’ai du mal avec cette narration. Un événement pareil mérite mieux que trois pages ridicules qui ne permettent jamais de prendre conscience de la gravité de l’événement. J’ai l’impression de regarder Titanic dans lequel on passerait directement du choc contre l’iceberg à la scène où Jack se laisse couler pour que Rose puisse s’en tirer. Parce que tout ce qu’il s’est passé entre, on s’en fout un peu, c’est du background. J’estime qu’il est nécessaire que l’auteur montre que c’est important. Pas juste qu’il le dise vite fait en laissant au lecteur tout le soin de le comprendre. Quand Akira détruit Neo-Tokyo, Katsuhiro Otomo le montre en grand, en large, en travers, sur plus de trente pages. Dans The Walking Dead, quand un personnage principal meurt, on en montre les répercussions, des chapitres durant. Dans New X-Men ? Seize millions de leurs semblables, certains de leurs alliées, leurs amis, se font massacrer, et tandis qu’ils sont au milieu des débris et des cendres encore fumantes c’est tout juste si les personnages principaux versent une larme. Après tout, ça n’a pris que trois pages. C’est pas comme si c’était grave. Beast parle déjà de son futur rencard avec sa meuf. J’ai l’impression de voir le journal de Pernaut qui parlerait pendant vingt minutes du festival de la saucisse de Trifouillis-dans-Montcuq et puis l’espace de cinq secondes qui annoncerait qu’il y a eu un million de morts suite à une explosion nucléaire, avant de passer à autre chose.

Alors voilà, c’est ça mon problème avec Morrison. Il a des tas de super trucs à raconter. Mais trop souvent, j’ai l’impression qu’il ne sait pas comment le faire.

Sponsorisée par Durex

Dans la catégorie: Watching TV — kwyxz le 5/11/12 à 5:57

Les mystères de l’amour, la saison 2

Après une saison 1 aussi flamboyante, on ne pouvait qu’espérer une suite à la hauteur. C’est peu de dire que Jean-Luc s’est une fois de plus surpassé, mais pas forcément dans le bon sens du terme. Il convient de démarrer par un récapitulatif des situations amoureuses de chacun.

José est désormais avec Ingrid. Ingrid surveille de très près Philippe Daubigné, ex-prof de philo et actuel collègue fou amoureux d’Hélène. Hélène est célibataire et n’en a rien à battre. Béné est toujours dans sa dimension parallèle avec Franck, le petit jeune. Elle reçoit plusieurs fois par jour la visite d’Olga, qui nique à droite et à gauche. Laly se comporte toujours comme une connasse, mais ça n’a toujours pas fait fuir Jimmy. Jimmy se fait reluquer allègrement par Jeanne, qui est toujours avec Nicolas. Christian et Angèle tentent de faire décoller une carrière musicale au point mort. Rudy, pas rancunier, flirte toujours avec Crystal, la gagneuse qui l’avait accusé de viol et fait mettre en taule.

Prêts ? C’est parti pour un gros gloubi-boulga scénaristique composé de tout et surtout de n’importe quoi. Après s’être fait virer de leur (groche) péniche, Jeanne et Nicolas acceptent le nouveau plan business de José, fraîchement au chômedu, qui consiste à investir dans une maison de campagne pour la transformer en chambre d’hôtes. En vrai, ils vont juste passer leur temps à glander dans la baraque et les vrais travaux pour en faire une chambre d’hôtes commenceront en saison 3, SPOILER ! La maison sera plus ou moins au centre de l’intrigue, ou tout du moins des intrigues, à commencer par une mystérieuse jeune fille cachée à l’intérieur…

Cette jeune fille s’appelle Lucille. Elle est à la recherche de sa soeur Noémie, qui aurait disparu. La bande de potes vivant dans un monde imaginaire peuplé de Bisounours où tout le monde, à part les méchants très méchants, n’a que de bonnes intentions, on propose naturellement à Lucille de l’aider et surtout de rester vivre à la maison parce qu’après tout hein une bouche à nourir de plus ou de moins, qu’est-ce-que c’est quand on fait déjà la bouffe pour dix personnes dont huit n’ont pas de sources de revenus connues. La maison devient le nouveau point de chute d’Hélène car Tim, le petit ivoirien qu’elle héberge en attendant son opération, a foutu le feu à son appartement en faisant des frites. Cette mésaventure n’empêchera pas le petit Tim de faire son mariole prétentieux et condescendant pendant toute la saison, balançant du “t’es gros” à droite, du “t’es vieille” à gauche, expliquant la vie à Jeanne et Hélène qui débarquent et découvrent Skype en 2012, et se la surpétant en permanence comme la petite merde insolente qu’il est. On aurait envie qu’il meure assez rapidement du fait de ses problèmes de santé, malheureusement il survivra, et ultime coïncidence, il s’avère qu’il connaissait déjà Léa la fille de Béné sur MSN, MAIS QUEL HASARD.

Le hasard et les coïncidences, c’est un peu le moteur de JLA depuis des années, mais avec les Mystères de l’Amour saison 2 on a passé la surmultipliée. Absolument TOUT LE MONDE se connaît, ou presque : Ingrid la mère maquerelle connaît la totalité de la pègre et des petits voyous, bon, à la rigueur pour quelqu’un de haut placé dans le monde de la Nuit pourquoi pas ça se tiendrait encore, mais le plus drôle c’est que Jeanne, elle, est non seulement connue de cette même pègre, mais aussi de simples putes qui ôsent à peine prononcer son nom et pire, elle est encore plus crainte que Pablo Escobar. Oui, on parle bien de Jeanne Garnier, l’ex-taularde survivante d’un crash d’avion qui hacke la localisation d’un téléphone pour découvrir que son mec la trompe dans une grange, mais qui ne sait pas tenir un couteau pour éplucher une patate et qui a une diction pire que celle de Ségolène Royal. Je peux comprendre que JLA ait envie de faire de sa Zaza une super-héroïne, mais il y a un moment où ça devient franchement ridicule.

Histoire d’aller droit à l’essentiel, évacuons d’emblée les side-stories inintéressantes, et parlons du cas Béné. Cette dernière vit toujours dans une dimension parallèle, séparée du reste de la bande : 99% de ses intrigues n’ont AUCUN rapport avec celles du reste de la bande, et elles sont toutes plus inintéressantes les unes que les autres. Je vous la fais courte, la majeure partie des apparitions de Béné sont lors d’une visite d’une de ses copines, l’insupportable nymphomane Olga en premier lieu (VA T’OCCUPER DE TON GOSSE, CONNASSE DE RUSKOFF) et la non moins insupportable Laly (VA T’OCCUPER DE TON GOSSE, CONNASSE DE BRÉSILIENNE). Comme Béné n’a pas trop non plus envie de S’OCCUPER DE SA GOSSE, une fois Franck parti (parce que Béné, ça rime avec cocue), elle envoie Léa “chez une copine” pour le reste de la saison, soit une bonne vingtaine d’épisodes. Entre temps elle sortira avec Julien, un chirurgien plastique (et pas “plasticien” mon cher Jean-Luc) que l’on verra danser à peu près aussi bien qu’un pantin désarticulé dans une boîte de nuit surréaliste garnie de chaises de jardin, alors que le club est supposé être le dernier truc à la mode que le tout Paris s’empresse de découvrir. Comme par hasard quasi toute la bande y est, et ce passage représentera l’un des seuls de Béné avec le reste du groupe. Ensuite, elle repart dans sa dimension parallèle, avant d’être de nouveau COCUE par Julien, qui se tape, COÏNCIDENCE, la femme du nouveau producteur de Laly, qui fait maintenant de la télé. Laquelle s’est justement tapé ce producteur, ce qui représente la deuxième side-story inintéressante, cocufiant ainsi Jimmy, lequel est reparti en Suède après avoir embrassé Jeanne. C’est bon, vous suivez ?

Ultime side-story dont on se demande encore l’intérêt, Eve Watson décide d’aider Christian à enregistrer son disque avec Angèle. Sauf qu’une fois celui-ci sur bandes, elle intime au producteur l’ordre de faire censurer le disque par toutes les radios ! Elle veut le faire ré-enregistrer, et c’est une cover qui sera finalement diffusée notamment sur “NRV”, la radio la plus populaire auprès des djeunz (l’humour azouléen à son paroxysme). Christian le découvre, est un peu fâché quand même, et les conséquences sont terribles ! Poussé par la rage, il décide en effet… de ne strictement rien faire !!! Au début de la saison on nous explique qu’Eve fait ça pour récupérer Christian, la logique du plan paraît tellement alambiquée qu’au final il y a des chances que Jean-Luc lui-même se soit perdu dans son machiavélisme.

Et pourtant, l’esprit de Machiavel est présent durant toute la saison via le personnage d’Ingrid, que l’on découvre être Émilie Soustal, OH MON DIEU TOUTÉLIÉ ! Elle a eu une liaison avec Philippe Daubigné après “La Philo”, et est toujours follement éprise du professeur, et vu le comportement de ce dernier on se demande bien pourquoi. Après l’avoir violé en glissant du GHB dans son verre, et alors qu’elle espionne ses paaaassionnannnnntes journées à ne rien foutre devant son ordinateur, elle parvient à convaincre cet ahuri qu’elle est folle de lui et rien que de lui. Étant donné qu’elle n’a strictement rien à gagner de cette relation, on est en droit de se demander pourquoi elle y tient tellement. Ingrid est en effet devenu le personnage le plus redoutable de la série, on avait déjà eu un aperçu de ses méthodes et de son caractère en saison 1, mais là elle bat à elle seule Diskor, Cobra, Miles Mayhem, Skeletor et Lavinia réunis. Afin de mieux comprendre, attardons-nous sur l’arc narratif principal de cette saison, la maladie de Tim. Non je déconne, on s’en branle de lui, l’arc narratif c’est une secte déguisée en ferme bio. Vous avez bien lu.

L’essentiel de la série se déroule dans un bled nommé Dampierre-en-Yvelines, 1137 habitants au dernier recensement, et c’est là qu’un dénommé Virgile a décidé d’installer une “ferme bio” en se faisant passer pour un médecin thérapeute prônant le retour à la nature afin d’aider ses patients, participant à la vie du jardin. Évidemment, le fait que sa patientèle soit composée à 100% de jeunes et jolies jeunes filles n’éveille AUCUN soupçon parmi la population du village, et pourtant c’est pas comme s’ils se cachaient : les filles distribuent régulièrement des légumes gratuitement en se baladant avec leurs panier, et tous les jeudis une dégustation publique est organisée à la ferme, ou tout du moins c’est ce qui est prétendu parce qu’on n’en verra pas une dans la série. Seule notre équipe de fins limiers se doutera immédiatement que quelque chose de louche se trame derrière cette ferme bio, et… ils décideront de n’absolument rien faire. Du coup Virgile a le champ libre pour continuer ses conneries de gourou, parce qu’évidemment tout le monde s’en doute, il est derrière la disparition de la soeur de Lucille, et se tape allègrement toutes les gonzesses qui lui donnent du “oui maître” et lui obéissent aveuglément. Lors d’un épisode, il prendra même une dimension mystique en expliquant à Noémie que “des démons” l’ont envahie, et qu’il convient de les chasser (à grands coups de bite, évidemment) et puis ensuite plus rien, on n’entendra plus jamais parler des démons. Est-ce que JLA s’est rendu compte que c’était un peu too much, j’en doute sérieusement vu tout le reste.

Au village, un petit groupe de jeunes a décidé de jouer de la musique comme a la grande époque, ils semblent pas mal se démerder en fins de morceaux eux aussi. Au début ils se prennent la tête avec la bande des comiques, enfin surtout avec José et Jimmy, et puis finalement la meuf du groupe tombe amoureuse de Patrick Puydebat ce qui est bien normal, tout le monde en conviendra. Alors qu’elle se tape déjà ses deux autres potes (la sexualité des jeunes façon Azoulay : un plan à trois, quoi de plus normal), elle commence à le sexter comme une malade, finalement Patoche cède et la déglingue dans une vieille bagnole façon Titanic, sauf que Zaza l’apprend et le confronte. Mais ces jeunes sont un brin plus futés que le reste du village et ont bien compris que Virgile était louche ! TATATIIIIIN !

Vous vous souvenez d’Angèle ? La petite amie de Christian qui pendant deux mois n’avait pas compris que son boss voulait la niquer ? Eh bien elle n’est toujours pas super futée. Suite à une tentative de fuite avortée de Noémie (forcément, elle n’avait que trente minutes d’avance et pouvait fuir dans toutes les directions, donc ses poursuivants n’auront aucun mal à la retrouver), Angèle qui venait à la maison du bonheur après avoir emprunté la voiture d’Ingrid, percute en voiture celle de Virgile. Suite au choc, elle est inconsciente et se retrouve à la ferme bio, amnésique. C’est un coup de génie de Jean-Luc: il invente l’amnésie qui, en plus de faire perdre la mémoire, rend complètement con. Angèle cède donc et devient membre de la secte ! Pire, elle repousse Christian, convaincue par Virgile que celui-ci l’a quittée !! Les méthodes de Virgile pour convertir ses fidèles sont d’ailleurs assez étranges, mais surtout parce qu’elles fonctionnent. Une fois Noémie récupérée, il suffira de quelques coups de bite pour la convaincre du bien fondé de ses méthodes, et d’en faire un parfait petit soldat lui obéissant au doigt et à l’oeil. Incroyable. La présence parmi ses fidèles d’une lesbienne en puissance permettra également d’assister à quelques scènes de galochage entre copines, comme si les massages tantriques prodigués à Ingrid par ses employées ne lui suffisaient pas. On est vraiment dans le softporn digne de M6 à la grande époque, il ne manque plus qu’un ou deux plans nichons pour facepalmer en s’imaginant JLA se tenant le zgeg tandis qu’il écrit ses scénarios.

Mais au fait, à part se constituer un harem et se taper des jeunes femmes, quel est le but ultime de Virgile ? Non parce que c’est pas suffisant en fait, et il l’explique à Ingrid (parce qu’en fait il la connaît, quel hasard, et elle nous informe qu’il est sorti de prison) : il cherche un trésor qui serait caché depuis une soixantaine d’années dans la maison récemment louée par nos clowns (on se demande avec quel argent d’ailleurs, puisque les trois quarts n’ont pas de boulot). Et ce trésor, quel est-il ? Hmm ? Si vous avez deviné, vous êtes probablement déjà en train de lever les yeux au ciel : il cherche DE L’OR NAZI ABANDONNÉ LÀ PAR LA GESTAPO À LA LIBÉRATION.

Ce fut le moment où je ne savais plus si je devais rire ou m’insurger, alors j’ai applaudi.

Je vais vous passer un peu les détails, mais à un moment Dan, un évadé en cavale, prend contact avec Ingrid, s’ensuit une histoire de meurtre débile à base de dette qui n’a aucun intérêt et sera juste le prétexte à un cliffhanger fusillé en quelques minutes de l’épisode suivant dans la grande tradition azouléenne. Puis Dan vient à la maison du bonheur et tombe amoureux d’Hélène, parce que dans cette série tout le monde tombe amoureux au bout de quelques minutes et tente sa chance avec de la drague à coups de “je vous trouve très belle” ou de “vous avez de très beaux yeux”, des trucs que même les gars de la Gestapo qui planquent de l’or ils savaient que ça fonctionnait pas pour pécho.

Enfin, finalement, l’histoire de secte est résolue quand Fanny, la chanteuse du groupe de jeunes, qui décide d’aider les copains de Patrick Puydebat parce qu’elle espère bien revoir son gros zob, va se faire tringler deux fois de suite par Virgile puis l’accuse de viol.

Vous avez bien lu : c’est exactement la même méthodes qu’Ingrid utilise pour se débarasser de Ricardo le colombien dans la saison 1. Sauf qu’on voyait encore un peu l’intérêt soustalien dans l’affaire, mais là non Fanny se fait tringler DEUX FOIS, par un gourou ex-taulard maboule, pour faire libérer deux nanas qu’elle a jamais vues, juste pour aider des gens qu’elle connaît depuis une semaine, qui sont potes avec un mec qu’elle se tape en plus de ses deux boyfriends habituels.

Blllblblblbllblblblblbllblblbllblblblbllllblblblblbbllblblbll.

Moi je trouve ça assez incroyable quand même. On a l’impression qu’il se passe plein de trucs mais y’a VINGT-SIX ÉPISODES, au rythme leeeeeeeennnnnnnnnnnt, avec de l’exposition à gogo, des personnages qui se réexpliquent mutuellement des trucs vus cinq minutes plus tôt, d’autres au téléphone qui répètent mot à mot ce que dit leur interlocuteur, et un jeu d’acteurs tellement inexistant qu’il en devient parfois irritant. Rudy décroche une fois de plus la palme de la nullité crasse, non seulement l’acteur est mauvais mais en plus il n’est pas gâté par le script. Entre les proverbes sri-lankais à la con, les réflexions débilissimes et la bêtise profonde, sa présence au générique est une réelle énigme que Fox Mulder risque d’avoir bien du mal à résoudre. On sauvera Laly Meignan dont le personnage est énervant, mais bien campé.

Dommage pour Philippe Vasseur qui a le privilège rare de jouer l’un des persos un peu malins de la série, puisqu’il fera preuve d’un pragmatisme et d’une sagacité relativement inégalable quasi tout au long de la saison, malheureusement il demeurera aveuglément stupide face aux manipulations d’Ingrid, lesquelles sont tellement tordues que strictement aucune n’a la moindre chance de tenir la durée dans le monde réel. Les autres sont tous plus ou moins inexistants, la gentillesse d’Hélène poussée à l’extrême la fait passer pour une débile, mention spéciale aux soeurs Noémie et Lucille qui ne servent à rien, mais alors à putain de rien, à tel point que dans la conclusion du season finale elles sont purement et simplement passées à la trappe. Ouste, les deux caniches ! Et bon débarras, la diction de Noémie tenant du calvaire.

Joli casting de paillassons du côté masculin, la palme étant remportée haut la main par Philippe Daubigné qui après ses tentatives pathétiques auprès d’Hélène se fait purement et simplement bouffer par les manipulations soustaliennes. Les deux abeilles de Fanny se placent en bonne position, ne sachant pas quoi répondre à des répliques aussi bien senties que “Je couche avec qui je veux et si ça vous plaît pas vous avez qu’à vous casser ! Ah vous me faites chier je me casse !”. Jimmy se fait bien malmener par Laly, avant son incartade avec Zaza. Rudy, paillasson de l’ensemble du cast depuis des années est hors-catégorie. D’un autre côté, histoire de quand même sauver les apparences, les personnages féminins hors de la catégorie “chieuses” passent leur vie à la cuisine pendant que les mecs glandent en buvant l’apéro. Merci Hélène de représenter de vraies valeurs dans ce monde en perdition, on verra même Ingrid s’y coller, c’est dire.

Terminons en signalant d’effroyables problèmes de temporalité, déjà relevés lors de la saison 1, mais ici de plus en plus dramatiques. L’essentiel des scènes se déroulant dans la maison s’articulant autour des repas (ils passent leur temps à bouffer), il est assez facile d’établir une chronologie, et certains comportements ou réactions tiennent de la science-fiction lorsqu’ils sont inscrits dans le temps. Angèle a disparu depuis douze heures ? Ouais, on va peut-être commencer à s’inquiéter tiens ! On pourra également relever que les deux jeunes rockers sont encore plus balèzes que Lance Armstrong à vélo, puisque si l’un est capable d’une course-poursuite avec un scooter, l’autre fait encore plus fort en se tapant 40km dans un temps mal défini pour aller voir Béné sans l’ombre d’une goutte de sueur, mais se fait également le retour en environ dix minutes, toujours sans suer le moins du monde.

En bref ? C’est un excellent plaisir coupable dont nous avons regardé les épisodes en rigolant parfois, en nous insurgeant souvent, et en nous moquant tout le temps.

(l’auteur remercie les membres du forum Sitcomologie dont la lecture des réactions à chaque fin d’épisode fut une bouffée d’air frais et salutaire)

Ho ! Un update !

Dans la catégorie: Misc — kwyxz le 3/11/12 à 1:27

Avec la multiplication des espaces d’expression, forcément, les occasions d’écrire ici se font plus rares. Entre Twitter, Facebook, SensCritique et 198x (qui fête ses cinq ans au passage), on s’éparpille.

Mais je reste l’éternel râleur qui il y a dix ans a décidé que ses tergiversations étaient tellement passionnantes qu’elles se devaient d’être publiques. Alors même si j’écris moins ici, je reste attaché à l’endroit. Et je ne vois pas de raisons de ne pas continuer. Joyeux anniversaire !

« Previous PageNext Page »