Lundi (1)

Dans la catégorie: Écrits — kwyxz le 10/08/05 à 18:45

Lionel s’était levé difficilement ce matin-là, même si celà commençait à devenir une habitude. Tout en beurrant ses tartines, il maudissait son voisin d’avoir, la veille, décidé d’organiser une petite fête surprise dans la pièce mitoyenne à sa chambre et l’avait passablement empêché de dormir. Il allait vraisemblablement être en retard au lycée, une fois de plus. Il regarda son agenda. Lundi. Philo avec Monsieur Bordet à huit heures. Il jeta un rapide coup d’oeil à sa montre: sept heures quarante-deux. En comptant le temps de se brosser les dents, de se débarbouiller la figure, de sauter sur son vélo, et de pédaler jusqu’au bahut, il devrait arriver vers huit heures et quart.
Il engloutit sa dernière tartine pain-beurre-confiture et courut à l’étage jusqu’à la salle de bains. Il frotta vigoureusement son visage d’un gant de toilette humide, espèrant vaguement que l’eau froide l’aiderait à avoir l’air un peu plus présentable. Aujourd’hui, il avait prévu d’inviter Nelly à aller boire un café après les cours. Mieux valait ressembler un petit peu à quelque chose histoire d’éviter d’essuyer un nouveau refus.
Merde. Un bouton d’acné.
Il fut partagé entre l’envie de laisser le monstre là où il était, c’est à dire juste au dessus de son oeil gauche, superbe protubérance volcanique sur son front qu’aucune mèche de cheveux ne pourrait cacher, ou l’envie d’exploser la pustule au risque de faire saigner, ce qui aurait environ deux inconvénients. Tout d’abord, faire saigner. Et du sang, c’est quand même largement plus visible qu’un bouton. Ensuite, durer plus longtemps. Un bouton qu’on explose, c’est des emmerdes pour des semaines. En le laissant pourrir tout seul, il disparaît plus vite. Tout du moins, c’est ce que Lionel avait cru remarquer avec les précédents. Tant pis, laissons-le là. Avec un peu de chance… avec beaucoup de chance, Nelly ne le remarquera pas.
Après ces moments d’intense réflexion, Lionel avait maintenant cinq bonnes minutes supplémentaires de retard. Il descendit les escaliers quatre à quatre, récupèra son sac de cours, claqua la porte derrière lui sans penser à sa mère qu’il allait probablement réveiller à l’occasion, et bondit dans l’ascenseur. Comptant les étages jusqu’au sous-sol qui lui permettrait de récupèrer son vélo, il regarda sa montre avec un semblant de lassitude. Sept heures cinquante-trois. Autant dire qu’il pouvait faire une croix sur le premier cours.
La porte de leur box s’ouvrit en grinçant. Il récupèra son vélo rapidement, évitant au maximum de faire une rayure sur la Clio grise de sa mère d’un coup de pédale malencontreux, referma le box, sauta sur la selle, et se mit en route. Le parking souterrain aux murs peints vert et blanc lui semblait d’un tel lugubre qu’il tentait à chaque fois de battre un record de sprint pour en sortir à l’extrême limite, alors que la porte automatique se levait dans un bruit sourd. La lumière du gyrophare orange envahissait l’espace comme un spot de boîte de nuit.
Il déboula sur le boulevard et obliqua rapidement vers le couloir de bus. Les couloirs de la mort, comme Lionel se plaisait à les appeller. Un cycliste là-dedans, il joue sa vie. S’il ne se fait pas serrer contre le trottoir par un bus, il se fait défoncer par un taxi qui roule à fond les gamelles. Mais après s’être fait sérieusement engueuler par un flic un jour où il roulait sur le trottoir, Lionel avait abdiqué et utilisait les couloirs de la mort.
Il regarda sa montre, huit heures six minutes.
Au dessus de lui, un bruit sourd, comme un ronronnement.
Il leva la tête pour voir ce que c’était.
Et tout fut terminé.

(à suivre)

Remboursez !

Dans la catégorie: Mind food — kwyxz le 9/08/05 à 11:55

Assez hallucinante, l’histoire du critique imaginaire qui adore les films Sony Columbia Tristar et qui en chante les louanges alors que tous ses collègues, bien réels ceux-ci, ont démoli lesdits films. Pris la main dans le sac en flagrant délit de foutage de la gueule du spectateur, Sony décide de rembourser toute personne s’étant estimée flouée. Encore faut-il, tout du moins je le suppose, que ladite personne dispose encore du ticket de cinéma faisant foi, ce qui pour des films sortis entre 2000 et 2001 ne devrait finalement pas coûter si cher au studio.
Je me demande si je ne pourrais pas obtenir de la rédaction de Première qu’ils me remboursent mon ticket de Kill Bill vol.1, tiens.

Rires & co.

Dans la catégorie: Geekeries,Humeur — kwyxz le 8/08/05 à 10:56

Je sais qu’il est déjà dans les liens, mais j’en rajoute une petite couche pour signifier mon admiration sans bornes pour Flippy dont l’inventivité me laisse sans voix à chaque nouveau post, et provoque régulièrement moults sourires, voire francs éclats de rire.
Mais la curiosité du week-end, ce fut ce SMS de Stevesse, pas vraiment drôle, reçu vers 1 heure du matin cette nuit: Je crois que je vais passer la fin des vacances à St Jean, mon appart est en train de cramer. Visiblement passer ses vacances dans le sud de la France du côté de Toulon, ça a pas mal d’avantages, mais aussi quelques menus inconvénients…

Triste découverte

Dans la catégorie: Geekeries,Humeur — kwyxz le 2/08/05 à 23:19

Je viens tout juste de me rendre compte que le site TrouDuCulZ HideOut, référence de l’Internet français qui grattouille là où ça démange, est désormais squatté par un authentique trou du cul même pas drôle et infoutu d’écrire deux lignes sans faire douze fautes d’orthographe. Trou du cul qui a décidé de s’approprier l’ancien site en le mirrorant ailleurs, après y avoir apposé sa signature et sa marque de fabrique (les fautes, et les lol).

Peut-être que nombre d’entre vous s’en étaient rendus compte plus tôt. Mais décidément, quelle journée de merde.

Instants de faiblesse

Dans la catégorie: Humeur — kwyxz le 2/08/05 à 17:13

Effectuer une difficile remise en marche, rendue plus ardue encore par une santé défaillante. Subir les quintes de toux incessantes, le rhume persistant, les migraines mélangeant un peu plus les pensées, pièces d’un puzzle sans solution, dans un esprit déjà perturbé. Laisser le temps, tel un océan dont les profondeurs recèleraient chacun de nos souvenirs pour mieux les perdre dans les limbes, tout recouvrir. Always look on the bright side of life, l’essentiel n’étant pas de savoir ce qu’il faut faire en pareille situation, mais bel et bien de parvenir à le faire. Dépasser les regrets et le ressentiment, parvenir à faire le vide sans toutefois oublier. Fermer les yeux, écouter Daphné chanter « Un homme sous influence ». En un soupir, s’évanouir.

Il est parti sur la plus haute branche, en aigle perché, en indifférence.
Il a dansé toutes ses nuits en silence, oubliant que l??oubli est une offense.

Guess who’s back

Dans la catégorie: Humeur,Monte le son — kwyxz le 1/08/05 à 1:04

Après des vacances aussi chaotiques qu’alcoolisées, la tentation était grande de mettre cette tribune en standby du fait de mon incapacité grandissante à écrire des choses correctes. Mais deux-trois petits trucs m’ont néammoins donné envie de continuer :

  • Son retour, à lui.
  • Et un magnifique morceau d’Emiliana Torrini dont j’aurais pu bêtement copier/coller les paroles, mais sans le son que serait la musique ? Et quand on a l’image en prime, en plus…
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